Charles Alloncle, le rapporteur de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public, a mis un sacré coup de pied dans la fourmilière de France Télévision et de Radio France. A preuve, nous assistons à des pantomimes ahurissantes de journalistes-fonctionnaires, de députés « amis », d’humoristes sinistres, de syndicalistes vendus, de médias subventionnés, se déployant dans tous les relais de l’État « profondément corrompu » pour tenter de discréditer celui qui a le mauvais goût de poser les questions que l’on se doit normalement de poser lorsqu’on est un enquêteur sérieux, honnête, loyal et compétent – qualités qui ont souvent manqué dans d’autres commissions, suivez mon regard (la commission sur l’attribution, le contenu et le contrôle des autorisations de services de télévision à caractère national sur la télévision numérique terrestre" (TNT), et son rapporteur LFI Aurélien Saintoul).

Bref, après la mise à profit de la trêve des confiseurs pour essayer, sans sProfitez de votre cadeau !uccès, de mettre au pas le rapporteur trop curieux, après que la présidente de l’Assemblée nationale se soit livrée à un numéro invraisemblable d’intimidation de Charles Alloncle sur France Inter - le jour même où la présidente de cette radio exemplaire devait à son tour être mise sur la sellette-, après que de zélés délateurs aient tenté de salir Charles Alloncle, la commission a repris bon gré mal gré ses travaux cette semaine, et, si l’on en croit, et on a toutes les raisons de le croire, le député UDR, ça va saigner. Non pas parce qu’il s’agirait, pour reprendre l’accusation de Yaël Braun Pivet, d’une manœuvre politique (et quand bien même – une commission parlementaire, c’est éminemment politique !), mais tout bêtement parce qu’à chaque audition, le grand public, celui à qui on cache tout, on ne dit rien, mais qui paie, découvre avec effarement des gens pleins de morgue, profiteurs éhontés d’un système qu’ils se sont bâtis aux petits oignons.
En attendant la suite de l’enquête, ce qui m’a intéressé dans ces premières révélations, c’est, curieusement, un élément qui m’avait d’autant moins sauté aux yeux que je ne regarde quasiment jamais la télévision publique. C’est sur France 2, vaisseau amiral du service public (j’insiste sur la mission de service public qui incombe à la télévision payée par les contribuables), que ça se passe. Savez-vous que chaque jour, sur cette chaîne, prétendument au service exclusif des Français, ce sont 5 heures de « divertissement » qui sont proposées entre 6 heures du matin et 20 heures aux téléspectateurs ! (Sans compter les émissions en prime time, comme, cette semaine, « 100% logique : la réponse est sous vos yeux, 2h15 quand même, présentée par l’inévitable Cyril Féraud). Sur ces 5 heures, près de 4 sont produites en tout ou partie par l’indéboulonnable Nagui, lequel s’est empressé d’accuser Alloncle de… racisme ! Hé bien soyons à notre tour racistes, tant qu’à faire : est-ce bien le rôle du service public de proposer autant de jeux ? En quoi contribuent-ils à l’élévation de nos esprits ? Accessoirement, et même si certains considèreront que ces questions sont quelque peu triviales, combien nous coûtent Nagui et Féraud, les deux présentateurs-producteurs vedettes de France Télévision ? Pourquoi produisent-ils autant d’émissions et depuis si longtemps ? Ont-ils été mis en concurrence comme il se doit lorsqu’il s’agit d’argent public ? Produisent-ils des émissions à ce point faramineuses qu’ils sont non seulement insurpassables, mais inégalables ? Et puis il faut le souligner : les émissions de jeu, c’est ce qui coûte le moins cher à produire avec les talk-show. Alors pourquoi le service public de l’audio-visuel, qui en est farci, génère-t-il des pertes aussi colossales ?
Sans prétendre à remplacer nos philosophes de comptoir et de plateaux, il m’est venu ce parallèle entre notre société décadente accroc au jeu, et la chute de l’empire romain, lorsque des empereurs jouisseurs et ramollis ne savaient plus proposer à une population avachie que du pain et des jeux (panem et circenses). Les barbares n’ont même pas eu à conquérir Rome. Ils n’ont eu qu’à la cueillir.
Note : Pour votre curiosité, programme type d’une journée sur France 2.
| 5h à 5h50 | tout le monde veut prendre sa place (animateur Cyril Féraud) producteur Nagui |
| 5h50 à 6h | Mot de passe : le duel (Camille Cerf) |
| 10h50 à 11h55 | Chacun son tour (Bruno Guillon) producteur Nagui |
| 11h55 à 12h55 | Tout le monde veut prendre sa place (Julia Vignali) |
| 16h10 à 18h | affaire conclue) (Julia Vignali) |
| 18h01 à 18h40 | Tout le monde a son mot à dire (Sidonie Bonnec) producteur délégué Nagui |
| 18h40 à 19h55 | N’oubliez pas les paroles (Nagui) |
NotreJournal
