Vous n’avez pas pu échapper à la sinistre vidéo d’une « humoriste » de France Inter appelant à la mort de Jordan Bardella et de Marion Maréchal. Si vous êtes un français un peu réac sur les bords, vous avez probablement été indigné par tant de bêtise et de vulgarité, et vous vous êtes interrogé sur les motivations profondes de toute la coterie ricanante qui sévit sur un média prétendument au service de « tous » les Français…

Hé bien figurez-vous qu’en ce moment se déroule une commission d’enquête sur les agissements du service public de l’audio-visuel, et que cette commission, principalement par son rapporteur, est en train de révéler un système que l’on pourrait aisément qualifier de mafieux s’il n’y manquait (pour l’instant, mais j’y viendrai en fin de texte), un certain élément constitutif. En clair, ça chauffe pour Delphine Ernotte et sa bande de séides, lesquels, mis sur le gril, n’ont pu que balbutier qu’ils ne sont au courant de rien, que ce n’est pas eux qui sont responsables de quoi que ce soit mais d’autres qu’ils ne connaissent même pas, qu’ils ont toujours essayé de suivre le plus scrupuleusement possible les obligations de leur charge, qui, si on a bien compris, consiste essentiellement à se faire virer chaque mois un très confortable salaire, se goinfrer de petits fours et de champagne de marque dans des cocktails organisés à grand frais pour des « amis », et se faire transporter dans une limousine conduite par un chauffeur en livrée. Bon, je ne m’intéresserai pas plus dans cette tribune aux travaux de la commission, mais plutôt à la réaction surprenante de ces braves gens quand il est apparu clairement que leur conception de l’utilisation de l’argent de nos impôts était plutôt rock and roll.
En fait ce qui m’a dans un premier temps interpellé, c’est le synchronisme entre les révélations de plus en plus scandaleuses de la commission, et les émissions de plus en plus provocatrices et hargneuses produites par les médias mis en cause. Il y a eu cette Camille Lorente en Marie Antoinette, qui vexerait une casserole si on lui disait qu’elle chante comme elle, il y a eu les « barbus » de service de France Inter pour en remettre une couche sur l’extrême-droite (je ne suis pas convaincu qu’ils soient les mieux placés pour le faire), il y a cette Charline Vanhoenecker qui est à l’humour ce que le ketchup est à la sauce grand veneur, et tous les autres ricaneurs de service qui concourent à celui qui poussera le plus loin le mauvais goût subventionné. Pourquoi en remettre une couche alors qu’ils sont sur la sellette ? Enfermés dans leur bulle « résistante », n’auraient-ils pas perdu tout sens des réalités ? N’ont-ils pas compris qu’ils devaient plutôt se faire oublier, le temps que ça se tasse ? Ou bien sont-ils convaincus que le privilège « rouge » les immunise contre tout retour de bâton ?
Je vous le dis, ces tristes bouffons-là ne sont pas idiots. Des enfoirés de première, certes, mais pas des imbéciles. S’ils provoquent jusqu’à l’indécence, c’est dans un but bien précis : que l’« extrême-droite », exaspérée, perde les pédales, qu’elle réagisse violemment. Quand j’écris violemment, une simple gifle, une petite tape, par exemple, serait pain béni pour crier au meurtre. Mais il n’est même pas nécessaire qu’il y ait violence physique. A défaut, ils se satisferaient d’une insulte publique un peu vive proférée à l’encontre d’un de ces « humoristes » pour que sonne le tocsin dans toutes les églises médiatiques amies, qu’un front de patriotes s’érige contre la bête immonde... et que la commission et son rapporteur, véhicules de haine, d’homophobie et d’islamophobie passent enfin à la trappe… et qu’on puisse revenir au business as usual.
Mais voilà. Pour l’instant, c’est calme plat. A croire que les fachos sont des chiffe-molles, ou bien, ce qui est encore plus déconcertant, qu’ils ont compris dans quel piège on essaie de les faire tomber. Nos humoristes résistants vont donc continuer, toujours plus fort, plus haut, plus loin, en espérant qu’un zigoto un peu énervé se laisse aller à une impardonnable atteinte à leur liberté d’expression. Et si ça ne marche toujours pas, me direz-vous ? Ne vous en faites pas. Il y a un plan B : une fausse agression, par un type cagoulé mais visiblement blanc, avec sur son blouson des inscriptions qui ne laissent aucun doute sur son affiliation, et, coup de chance, un passant qui a pu filmer la scène… No pasaran. Siamo tutti antifascisti.
