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PIED NOIR

, par  Suzanne de Beaumont , popularité : 1%
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PIED NOIR
Il faut un jour que j’arrive à vous le dire : je ne vis pas dans le même monde que vous.

Je suis « pied noir » depuis mon arrière grand père Durand. Il s’était engagé dans l’armée pour fuir la misère dans son Dauphiné natal. Il n’aimait pas les armes et faisait partie de la musique militaire c’est-à-dire des musiciens qui précédaient les fantassins pour les attirer dans l’action.

Lui, son fils et son petit fils, mon père, n’ont, dans leur vie, fait autour d’eux que du bien. Comme mon père, c’était des hommes calmes, pondérés, droits, autour desquels régnait la paix. Sa seule présence imposait le calme et l’ordre. J’ai raconté quelques actions humanitaires de mon père envers le peuple musulman. Quand il est retourné « dans son pays » après l’indépendance, même les dirigeants, le préfet, le considéraient comme un ami.

Mais depuis, tous les « pieds noirs » quel qu’ils soient, ont été traités par le peuple français de colonisateurs tortionnaires et encore plus, depuis l’arrivée de Macron comme des criminels contre l’humanité. Me voilà devenue une criminelle contre l’humanité après avoir tenter de cacher mon identité pendant plus de 60 ans pour pouvoir vivre avec les mêmes droits que les habitants de France.

C’était si pénible que je n’en ai jamais parlé ni à mes enfants ni à mes petits enfants.

C’était à eux de réfléchir et de se faire une opinion. Je sais que pour ma fille je suis une criminelle contre l’humanité et pour mon fils ainé une ennemie politique. J’aurais du probablement du leur raconter ma vie. Tant pis pour moi. Le renfermement et l’isolement sont dans ma nature.

Pourtant je sais que le peuple « pied noir » ne comprenait qu’un tiers de français de souche. La première chose que faisaient les officiers de l’armée française en installant leur camp militaire, c’était de réunir les enfants aux alentours et de leur apprendre à parler français. Aucun de ces enfants ne parlait français. Ils parlaient la langue de leurs parents, espagnol, italiens, maltais, et bien d’autres et mêmes les petits français parlaient le patois de leurs parents. Ils accueillaient les petits musulmans au même titre que les autres. Mais les parents musulmans se méfiaient de ces étrangers venus s’installer dans leur pays. Pourtant dans l’école où j’allais il y avait plus de musulmans que de « pieds noirs », en 1940.

Quand l’armée française à commencer à « coloniser » le pays qui ne s’appelait pas l’Algérie, qui n’avait pas de nom, sinon les noms de petites régions, comme la Kabylie le peuple arabe qui y vivait était environ deux millions d’individus. Au départ des « pieds noirs » ils étaient dix millions. Horrible colonisation qui a favorisé la population locale.

Les anglais, eux, ont colonisés l’Amérique. Ils ont réussi à faire presque disparaître les indiens, on peut parler de tentative de génocide. Ce peuple indien dont la civilisation était parfaitement écologique, pas un monument, pas de champs immenses de culture, seulement ce qu’il leur fallait pour vivre, pas d’argent, ce peuple a même perdu sa mémoire, mais les anglais n’ont jamais été traités d’horribles colonisateurs comme les « pieds noirs » et les américains encore moins.

Enfin, moi : « JE SUIS PIED NOIR » et fier d’appartenir à ce peuple disparu, capable en 130 ans de bâtir un pays aussi développé et plus développé que biens des pays européens.

Peuple qu’un soi-disant grand homme a jugé bon de faire disparaître en le jetant à la mer ou sous le couteau des égorgeurs.