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	<title>NotreJournal</title>
	<link>https://notrejournal.info/</link>
	<description>Un site pour tous, fait par des Pieds Noirs pour enrichir le d&#233;bat, responsable de ce qu'il &#233;crit mais pas de ce que vous comprenez.</description>
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		<title>&#171; Perdre un souvenir, c'est comme perdre un parent &#187;</title>
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		<dc:date>2026-02-05T09:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Rami Abou Jamous</dc:creator>


		<dc:subject>article-externe</dc:subject>

		<description>Certains connaissent les m&#234;mes affres que les Pieds Noirs ... Diff&#233;rents mais m&#234;me r&#233;sultat ! Ceci n'est pas une opinion sur le contre-terrorisme d'Isra&#235;l contre le Hamas. Article publi&#233; le 12/08/2024 et republi&#233;. Rami Abou Jamous &#233;crit son journal pour Orient XXI. Ce fondateur de GazaPress, un bureau qui fournissait aide et traduction aux journalistes occidentaux, a d&#251; quitter en octobre son appartement de la ville de Gaza avec sa femme et son fils Walid, deux ans et demi, sous la (&#8230;)

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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Certains connaissent les m&#234;mes affres que les Pieds Noirs ... Diff&#233;rents mais m&#234;me r&#233;sultat !&lt;br class='autobr' /&gt;
Ceci n'est pas une opinion sur le contre-terrorisme d'Isra&#235;l contre le Hamas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article publi&#233; le 12/08/2024 et republi&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rami Abou Jamous &#233;crit son journal pour &lt;i&gt;Orient XXI&lt;/i&gt;.&lt;/strong&gt; Ce fondateur de GazaPress, un bureau qui fournissait aide et traduction aux journalistes occidentaux, a d&#251; quitter en octobre son appartement de la ville de Gaza avec sa femme et son fils Walid, deux ans et demi, sous la pression de l'arm&#233;e isra&#233;lienne. R&#233;fugi&#233; depuis &#224; Rafah, Rami et le siens ont d&#251; reprendre la route de leur exil interne, coinc&#233;s comme tant de familles dans cette enclave mis&#233;reuse et surpeupl&#233;e. Cet espace lui est d&#233;di&#233; depuis le 28 f&#233;vrier 2024.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Samedi 6 juillet 2024.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hier, sous la tente, je parlais avec Sabah du bouleversement de notre vie, comment nous en &#233;tions arriv&#233;s &#224; vivre sous la tente dans des conditions tr&#232;s dures, la chaleur, les mouches, le sable qui nous envahit&#8230; Mais ce seront un jour des souvenirs dont on pourra m&#234;me rire. Je disais &#224; Sabah que, plus tard, on se raconterait des histoires en plaisantant : &lt;i&gt;&#171; Tu te rappelles comment tu as allum&#233; le feu et que tu avais du noir partout sur ton visage, comment tes joues &#233;taient pass&#233;es du rouge au noir ? &#187;&lt;/i&gt; On dira sans doute aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu te rappelles comment on faisait la queue pour acheter l'eau dans des citernes, comment on avait fait une piscine, comment on avait essay&#233; de transformer notre tente en villa, que l'on appelait &lt;i&gt;&#171; El ezza &#187;,&lt;/i&gt; &#171; La dignit&#233; &#187;. C'est vrai que maintenant, c'est tr&#232;s dur, mais plus tard ce seront des souvenirs, et on en sourira.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais on parlait aussi de cette machine de guerre qui a tout d&#233;truit : les hommes, les b&#226;timents, les infrastructures, les arbres, les pierres, les terres agricoles, m&#234;me les nappes phr&#233;atiques. Mais beaucoup de gens ne se rendent pas forc&#233;ment compte que la machine d&#233;truit quelque chose de plus important encore : les souvenirs, le pass&#233;. Car d&#233;molir une maison, ce n'est pas seulement abattre des murs, c'est faire dispara&#238;tre un foyer. Dans notre soci&#233;t&#233;, notre appartement ou notre maison, d'habitude, c'est le c&#339;ur de la famille. La majorit&#233; de la population de Gaza vit dans des &#171; immeubles familiaux &#187;, des constructions de quelques &#233;tages o&#249; habitent le p&#232;re, ses enfants, avec leurs maris ou leurs femmes et les petits-enfants. Tout le monde est l&#224;. Tout le monde a grandi dans cette maison, elle contient les souvenirs de toutes les &#233;tapes de la vie : l'enfance, les &#233;tudes, les dipl&#244;mes, les mariages. Et surtout, les souvenirs du p&#232;re, qui a travaill&#233; toute sa vie pour arriver &#224; construire cette maison.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id='lt-lt-Je-n-ai-plus-de-photos-de-moi-quand-j-etais-petite'&gt; &#171; Je n'ai plus de photos de moi quand j'&#233;tais petite &#187; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est le r&#234;ve traditionnel de tous les Palestiniens : travailler, construire une maison, se marier et puis avoir des enfants, et que les enfants grandissent et que chacun ait son propre appartement. Dans le chaos, j'ai essay&#233; de pr&#233;server ce que je pouvais de cette m&#233;moire. Avant cette guerre, il y en a eu d'autres, et nous &#233;tions toujours pr&#234;ts &#224; partir rapidement. Depuis l'attaque isra&#233;lienne de 2014, quand ils ont commenc&#233; &#224; viser les tours comme celle o&#249; nous habitions, nous avions des sacs &#224; dos pr&#233;par&#233;s pour un d&#233;part en urgence, dont un qui contenait les passeports, les papiers importants, un peu d'argent. Vraiment le strict n&#233;cessaire. Et j'ai toujours insist&#233; pour glisser dans ce sac quelque chose qui appartenait &#224; notre m&#233;moire : les photos des enfants, de Walid&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on &#233;voquait tout cela, Sabah m'a racont&#233; qu'en 2014, quand sa famille a perdu une premi&#232;re fois sa maison, elle avait tout perdu : &lt;i&gt;&#171; Je n'ai plus rien, plus de photos de moi quand j'&#233;tais petite, de photos de classe &#224; l'&#233;cole, j'ai perdu mes dipl&#244;mes, les photos de la naissance de mes enfants, les photos de mes parents, celles de mon p&#232;re quand il &#233;tait jeune. Tout cela a disparu. &#187;&lt;/i&gt; Les Isra&#233;liens savent tr&#232;s bien que d&#233;truire une maison, c'est d&#233;truire le pass&#233; d'une famille. Et pendant cette guerre-ci, l'immeuble familial de Sabah a &#233;t&#233; d&#233;truit pour la deuxi&#232;me fois. Son p&#232;re avait mis cinq ans &#224; le reconstruire, et il restait un &#233;tage &#224; achever. Dix ans de souvenirs, tous ceux des ann&#233;es 2014 &#224; 2024, ont encore disparu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sabah avait son propre appartement dans cet immeuble, elle avait commenc&#233; &#224; le meubler, elle y avait mis les photos qui illustraient la vie de ses fils, on les voyait dans leur chambre, au jardin d'enfants, &#224; leurs remises de dipl&#244;mes. Les dipl&#244;mes, encadr&#233;s, &#233;taient accroch&#233;s aux murs. Tout cela a &#233;t&#233; effac&#233; par la machine de guerre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id='Vendre-des-bijoux-transmis-de-generation-en-generation'&gt; Vendre des bijoux transmis de g&#233;n&#233;ration en g&#233;n&#233;ration &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans nos maisons, en g&#233;n&#233;ral, on trouve beaucoup de choses, des souvenirs rapport&#233;s de voyage, des cadeaux re&#231;us d'amis&#8230; Et puis les bijoux. Je ne sais pas si c'est une coutume uniquement palestinienne, mais on garde toujours les bijoux de m&#232;re en fille. On voit souvent des femmes qui portent un bijou qui appartenait &#224; leur arri&#232;re-grand-m&#232;re, transmis de g&#233;n&#233;ration en g&#233;n&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un ami m'a racont&#233; qu'un de ses amis a &#233;t&#233; oblig&#233; de vendre une bague qui avait appartenu &#224; sa grand-m&#232;re, parce qu'il devait nourrir sa famille. Aujourd'hui la majorit&#233; des habitants de la bande de Gaza d&#233;pend de l'aide humanitaire. Depuis presque trois mois, cette aide ne passe plus. Et beaucoup de gens n'ont plus de revenus. Les fonctionnaires de l'Autorit&#233; palestinienne sont toujours pay&#233;s m&#234;me depuis la prise de pouvoir du Hamas en 2007, mais leurs salaires sont en ce moment diminu&#233;s de moiti&#233;. Du coup nous avons commenc&#233; &#224; vendre nos biens, surtout nos bijoux. Mais ils n'ont pas seulement une valeur marchande. Une bague, ce n'est pas seulement 300 ou 400 dollars, c'est quelque chose qui vient de la m&#232;re, de la grand-m&#232;re, c'est l'histoire d'une famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le r&#234;ve d'une m&#232;re de transmettre un bijou &#224; sa fille, qui le donnera &#224; son tour &#224; sa propre fille. Si cette maman perd cette bague, elle perd un tr&#233;sor. Malheureusement, il y a des gens qui profitent de la guerre pour acheter ces tr&#233;sors &#224; bas prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un homme a d&#251; c&#233;der une bague qui valait 500 dollars &#224; 250. Il a perdu de l'argent, mais aussi ses souvenirs. Il &#233;tait si triste qu'il en a pleur&#233;. Il a pris le num&#233;ro de t&#233;l&#233;phone de l'acheteur et lui a dit : &lt;i&gt;&#171; Je tiens beaucoup &#224; cette bague. Est-ce que tu peux la garder jusqu'&#224; la fin de la guerre ? Je pourrai peut-&#234;tre la racheter, m&#234;me &#224; un prix plus &#233;lev&#233;. &#187;&lt;/i&gt; Mais la r&#233;ponse a &#233;t&#233; sans appel : &lt;i&gt;&#171; Non, je suis bijoutier, j'ach&#232;te et je revends, je ne peux rien te garantir. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre souvenir tr&#232;s important, c'est la cl&#233; de la Nakba. Tous les r&#233;fugi&#233;s ont gard&#233; la cl&#233; de la maison dont ils ont &#233;t&#233; chass&#233;s en 1948, et se la transmettent de p&#232;re en fils. On l'accroche aux murs. Pour nous c'est un grand tr&#233;sor. Il y a des gens qui l'ont perdue durant cette guerre, ou de celle de 2014. Pareil pour d'autres souvenirs historiques : la premi&#232;re carte de l'UNRWA de l'arri&#232;re-grand- p&#232;re quand il est devenu un r&#233;fugi&#233;, avec sa photo et la date, des pi&#232;ces de monnaie portant la mention &#171; Palestine &#187;, qui avaient cours sous l'Empire ottoman et le mandat britannique. Ces souvenirs marquent l'attachement &#224; la patrie, &#224; la terre, &#224; la famille. Perdre un souvenir, c'est comme perdre un parent.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id='lt-lt-Je-veux-que-mon-fils-soit-fier-du-passe-de-sa-famille'&gt; &#171; Je veux que mon fils soit fier du pass&#233; de sa famille &#187; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tout cela, c'est la tradition. Malheureusement, les relations familiales ont beaucoup, beaucoup chang&#233; &#224; Gaza. Avant, nous &#233;tions vraiment soud&#233;s. Aujourd'hui, nos relations sont devenues comme une toile d'araign&#233;e, complexe mais fragile. Je ne sais pas si vous pouvez comprendre ce que je dis. On perd nos souvenirs, on perd notre pass&#233;, on perd tout lien avec les parents et les grands-parents. Et c'est pour cela que j'ai insist&#233; pour garder quelque chose dans nos d&#233;placements en urgence. On ne peut pas tout prendre, on ne peut pas prendre des dizaines d'albums de photos ou quoi que ce soit d'autre. Aujourd'hui peut-&#234;tre qu'on peut mettre tout cela sur un disque dur, mais il faut du temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui n'ont pas v&#233;cu cette exp&#233;rience pensent qu'il faut juste fuir, prendre les passeports, les papiers n&#233;cessaires, un peu d'argent, des bijoux et point &#224; la ligne. C'est apr&#232;s qu'ils se rendent compte que les souvenirs sont plus pr&#233;cieux que l'argent, les passeports et les papiers qu'ils ont emport&#233;s. Parce que les souvenirs, pour les Palestiniens, c'est aussi une identit&#233;. Moi aussi, j'ai emport&#233; une cl&#233;, plus r&#233;cente. Quand j'ai d&#251; quitter notre appartement de Gaza-ville apr&#232;s l'invasion isra&#233;lienne, j'ai pris la cl&#233;, comme un r&#233;flexe. Je savais que cela ne servirait &#224; rien de verrouiller la porte, parce que soit l'immeuble allait &#234;tre bombard&#233;, soit quelqu'un d'autre allait utiliser l'appartement. Mais j'ai voulu garder la cl&#233; pour me souvenir qu'on avait v&#233;cu l&#224;. Avant de partir, j'ai film&#233; tout l'appartement, et j'ai fait en sorte que Walid soit toujours dans l'image pour lui montrer les vid&#233;os un jour. Pour le moment, je sais par les amis qui sont rest&#233;s &#224; Gaza-ville que notre appartement est toujours intact, m&#234;me si les vitres ont saut&#233;, et que les les meubles ont &#233;t&#233; renvers&#233;s parce que des bombes ont touch&#233; les autres appartements de l'immeuble autour de chez nous. Mais je veux que Walid regarde cette vid&#233;o, et je lui dirai : &lt;i&gt;&#171; C'est l&#224; o&#249; on vivait, l&#224; c'&#233;tait ta chambre, l&#224; c'&#233;tait le salon. &#187;&lt;/i&gt; J'ai aussi film&#233; ses jouets. Si un jour on revient et qu'on ne trouve plus notre maison, il aura au moins ce souvenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet appartement, il y a des cadeaux que mon p&#232;re avait re&#231;us quand il travaillait &#8212; il a &#233;t&#233; un des fondateurs de Wafa, l'agence de presse palestinienne. Certains remontent aux ann&#233;es 1970, des montres, notamment de la part de chefs d'&#201;tats, etc. Malheureusement, je n'ai pas pu prendre tout &#231;a avec moi. Peut-&#234;tre que notre maison sera finalement bombard&#233;e et que tout &#231;a va partir en fum&#233;e, toutes ces choses que je voulais montrer &#224; Walid. Je lui aurais dit : &lt;i&gt;&#171; C'est la montre de ton grand-p&#232;re, elle lui a &#233;t&#233; donn&#233;e par tel pr&#233;sident, dans tel pays &#187;,&lt;/i&gt; pour qu'il soit fier du pass&#233; de sa famille, de son grand-p&#232;re, de son p&#232;re. Je ne sais pas si je vais retrouver tout cela, ou tout perdre avant la fin de la guerre. J'esp&#232;re que tout va s'arr&#234;ter et que les gens vont se refaire des souvenirs, mais cette fois-ci de bons souvenirs, et qu'il n'y aura plus que de la joie, et plus de guerre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://orientxxi.info/dossiers-et-series/perdre-un-souvenir-c-est-comme-perdre-un-parent,7473" class="spip_out"&gt;https://orientxxi.info/dossiers-et-...&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; Ces journalistes qui veulent seulement parler du Hamas &#187;</title>
		<link>https://www.notrejournal.info/Ces-journalistes-qui-veulent-seulement-parler-du</link>
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		<dc:creator>Rami Abou Jamous</dc:creator>


		<dc:subject>article-externe</dc:subject>

		<description>Rami Abou Jamous &#233;crit son journal pour Orient XXI. Ce fondateur de GazaPress, un bureau qui fournissait aide et traduction aux journalistes occidentaux, a d&#251; quitter en octobre 2023 son appartement de Gaza-ville avec sa femme Sabah, les enfants de celle-ci, et leur fils Walid, deux ans et demi, sous la menace de l'arm&#233;e isra&#233;lienne. R&#233;fugi&#233;e depuis &#224; Rafah, la famille a d&#251; ensuite se d&#233;placer vers Deir El-Balah et plus tard &#224; Nusseirat, coinc&#233;s comme tant de familles dans cette enclave (&#8230;)

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		</description>


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&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rami Abou Jamous &#233;crit son journal pour &lt;i&gt;Orient XXI&lt;/i&gt;. &lt;/strong&gt; Ce fondateur de GazaPress, un bureau qui fournissait aide et traduction aux journalistes occidentaux, a d&#251; quitter en octobre 2023 son appartement de Gaza-ville avec sa femme Sabah, les enfants de celle-ci, et leur fils Walid, deux ans et demi, sous la menace de l'arm&#233;e isra&#233;lienne. R&#233;fugi&#233;e depuis &#224; Rafah, la famille a d&#251; ensuite se d&#233;placer vers Deir El-Balah et plus tard &#224; Nusseirat, coinc&#233;s comme tant de familles dans cette enclave mis&#233;reuse et surpeupl&#233;e. Un mois et demi apr&#232;s l'annonce du cessez-le-feu, Rami est enfin de retour chez lui avec sa femme, Walid et le nouveau-n&#233; Ramzi. Pour ce journal de bord, Rami a re&#231;u le prix de la presse &#233;crite et le prix Ouest-France au Prix Bayeux pour les correspondants de guerre. Cet espace lui est d&#233;di&#233; depuis le 28 f&#233;vrier 2024.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jeudi 3 avril 2025.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela fait presque une semaine que certains m&#233;dias internationaux s'int&#233;ressent beaucoup plus &#224; Gaza que d'habitude. Cela me fait plaisir de voir des magazines qui parlent rarement de Gaza se soucier tout &#224; coup de ce qu'il se passe chez nous. Certes, ce n'est pas pour rendre compte des massacres, des boucheries et des &#171; isra&#235;leries &#187;. Mais de quelque chose de plus important, &#224; leurs yeux, que le g&#233;nocide qui se d&#233;roule en ce moment : les manifestations contre le Hamas. Depuis un peu plus d'une semaine, il y a eu en effet quelques manifestations dans la bande de Gaza, &#224; commencer par Beit Lahia, o&#249; l'on demandait au Hamas de c&#233;der le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la m&#234;me p&#233;riode, il y a eu plusieurs massacres, en particulier l'assassinat &#224; Rafah de quinze ambulanciers du Croissant-Rouge et de la D&#233;fense civile. Ils ont &#233;t&#233; ex&#233;cut&#233;s par les Isra&#233;liens. On les a retrouv&#233;s dans une fosse commune, les pieds attach&#233;s, les corps d&#233;capit&#233;s, portant de nombreuses traces de balles &#224; la t&#234;te et au thorax. Bien s&#251;r, les m&#233;dias qui emploient des journalistes professionnels en ont parl&#233;. Mais d'autres n'ont pas pris la peine d'enqu&#234;ter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je sais qu'Isra&#235;l interdit l'entr&#233;e dans la bande de Gaza aux journalistes &#233;trangers. Mais ils peuvent appeler le Croissant-Rouge pour v&#233;rifier, s'ils ne font pas confiance aux journalistes palestiniens.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id='Il-est-normal-de-vouloir-le-changement-politique'&gt; Il est normal de vouloir le changement politique &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui s'enthousiasment pour les manifestations anti-Hamas nous accusent de vouloir les cacher. Rien n'est plus faux. Je l'ai dit dans plusieurs m&#233;dias francophones : ce ne sont pas les premiers mouvements contre le Hamas depuis le d&#233;but de la guerre. Je l'ai r&#233;p&#233;t&#233; ici aussi : la popularit&#233; du Hamas dans la bande de Gaza a beaucoup baiss&#233;, et cela date m&#234;me d'avant cette guerre. Depuis sa prise du pouvoir en 2007, nous sommes sous blocus et nous avons subi plusieurs guerres isra&#233;liennes. Les gens sont &#233;trangl&#233;s, nous vivons dans la mis&#232;re, le ch&#244;mage est massif, et une g&#233;n&#233;ration enti&#232;re n'est jamais sortie de la bande de Gaza. Dans ces conditions, il est normal, comme dans tous les pays, de vouloir le changement politique. En Cisjordanie aussi, o&#249; c'est le Fatah qui est au pouvoir, les gens ne veulent plus de lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestations contre le Hamas ont commenc&#233; bien avant la guerre. Il y en a eu beaucoup. &#192; l'&#233;poque, ce mouvement s'appelait &lt;i&gt;Bedna na&#239;ch,&lt;/i&gt; (&#171; Nous voulons vivre &#187;). Le Hamas avait r&#233;prim&#233; ces manifestations et continu&#233; &#224; gouverner d'une main de fer. Tout le monde le sait, et personne ne le cache.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id='Quand-il-s-agit-du-Hamas-tout-le-monde-se-met-a-defendre-la-liberte-nbsp'&gt; Quand il s'agit du Hamas, tout le monde se met &#224; d&#233;fendre la libert&#233; d'expression &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais il est vrai que, selon les m&#233;dias qui soutiennent N&#233;tanyahou, on ne peut pas &#234;tre journaliste et palestinien. Et que m&#234;me si on essayait, de toute fa&#231;on, on serait bloqu&#233;s par la censure du Hamas. Comme si lutter contre les tentatives de censure n'&#233;tait pas le lot de tous les journalistes dans le monde. Quand Isra&#235;l interdit Gaza aux journalistes &#233;trangers, n'est-ce pas un acte de censure ? Quand le contr&#244;le militaire isra&#233;lien interdit aux journalistes d'&#233;voquer certains sujets, n'est-ce pas de la censure ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, il suffit de faire une blague sur N&#233;tanyahou pour &#234;tre vir&#233;. Des com&#233;diens qui ont fait un sketch sur Isra&#235;l sont blacklist&#233;s. Des campagnes d&#233;noncent comme &#171; antis&#233;mites &#187; ceux, acteurs, journalistes, hommes et femmes politiques, qui d&#233;noncent les massacres commis par Isra&#235;l contre les Palestiniens. Cette pression d&#233;bouche sur pire que la censure, l'autocensure. De nombreux acteurs et journalistes reprennent le vocabulaire isra&#233;lien et refusent de prononcer le mot de &#171; g&#233;nocide &#187;, pour ne pas avoir d'ennuis. Mais quand il s'agit du Hamas qui fait pression sur les m&#233;dias, l&#224; tout le monde d&#233;fend le combat pour la libert&#233; d'expression.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id='Cedez-le-pouvoir-pour-que-Gaza-vive'&gt; C&#233;dez le pouvoir pour que Gaza vive ! &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, les journalistes gazaouis peuvent faire leur travail. Il suffit de leur demander, ils vous expliqueront comment cela s'est pass&#233; : les manifestations ont commenc&#233; &#224; Beit Lahia, contre l'ultimatum d'&#233;vacuation lanc&#233; par l'arm&#233;e isra&#233;lienne. Les gens qui vivent sous des tentes, dans la mis&#232;re, l'humiliation et la crainte des bombardements, en ont assez de se d&#233;placer sans cesse. Alors tout le monde est sorti dans la rue pour protester. Puis, devant les cam&#233;ras, des manifestants ont spontan&#233;ment commenc&#233; &#224; accuser le Hamas. Personne ne pouvait les contr&#244;ler. On entendait des phrases comme :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait tr&#232;s bien que le pr&#233;texte de N&#233;tanyahou, c'est vous. Ne lui donnez pas ce pr&#233;texte. Ne lui donnez pas ce pr&#233;texte. C&#233;dez le pouvoir pour que les gens continuent &#224; vivre ! C&#233;dez le pouvoir pour que Gaza vive ! C&#233;dez le pouvoir pour que 2,3 millions de personnes ne soient pas expuls&#233;es !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes un peuple conscient et &#233;duqu&#233;. Ces manifestants savent tr&#232;s bien que l'arm&#233;e d'occupation se sert du Hamas comme d'un &#233;pouvantail. N&#233;tanyahou en a besoin. En Cisjordanie, l'&#233;pouvantail, c'est le pr&#233;sident de l'Autorit&#233; palestinienne (AP), Mahmoud Abbas. Il est oppos&#233; &#224; l'usage des armes, la police de l'AP collabore avec l'arm&#233;e isra&#233;lienne, et pourtant les ministres d'extr&#234;me droite de N&#233;tanyahou, Ben Gvir et Smotrich, le traitent de &lt;i&gt;&#171; terroriste &#187;&lt;/i&gt; avec qui on ne peut pas faire la paix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;tanyahou et son gouvernement claironnent le feu vert pour le d&#233;placement de 2,3 millions de Gazaouis vers l'&#233;tranger selon le plan de Donald Trump. Ces menaces directes d'un dirigeant qui promet &lt;i&gt;&#171; l'enfer &#187;&lt;/i&gt; &#224; toute une population civile ne choquent pas ces journalistes qui veulent seulement parler du Hamas. Pour eux, il n'y a pas de g&#233;nocide &#224; Gaza. Nous sommes tous en train de mourir, on veut nous &#233;radiquer, nous couper de nos racines. Ils pourraient au moins &#233;crire &#171; massacres &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id='C-est-votre-humanite-qui-fait-defaut'&gt; C'est votre humanit&#233; qui fait d&#233;faut &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;S'ils le font par id&#233;ologie, bravo, c'est r&#233;ussi. S'ils le font par ignorance, nous sommes toujours l&#224;, pour vous aider &#224; vous informer et &#224; comprendre. Vous pouvez nous appeler, il y a encore des connexions malgr&#233; le chaos. Nous pouvons vous parler de tout, du Hamas, des manifestations, de leurs raisons. Vous comprendrez alors vraiment ce qui est en train de se passer &#224; Gaza. Tout ce sang qui coule, tous ces enfants d&#233;capit&#233;s, d&#233;chiquet&#233;s, ou qui transportent dans des sacs en plastique les corps de leurs parents r&#233;duits en morceaux pour les enterrer, qui cherchent les cadavres en charpie de leurs parents sous les d&#233;combres, cela ne vous int&#233;resse pas ? Cela ne vous touche pas ? Dans ce cas, ce n'est pas seulement votre professionnalisme qui fait d&#233;faut, c'est votre humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains parmi vos coll&#232;gues isra&#233;liens n'h&#233;sitent plus &#224; employer le mot de &#171; g&#233;nocide &#187;. Ils parlent aussi de &lt;i&gt;&#171; combattants de la r&#233;sistance et de la libert&#233; &#187;&lt;/i&gt; &#224;-propos du Hamas. Les manifestants qui demandent au Hamas de partir savent qu'ils sont tous, d'abord, des cibles pour l'arm&#233;e isra&#233;lienne. Ils savent tr&#232;s bien que cette arm&#233;e ne cherche pas &#224; &#233;liminer pr&#233;cis&#233;ment tel ou tel combattant du Hamas, ce qu'elle pourrait faire avec ses moyens technologiques. Les Isra&#233;liens veulent faire le plus de d&#233;g&#226;ts possible dans la population. Et cela ne vous choque pas ? Pour vous, il n'y a que &lt;i&gt;&#171; le droit d'Isra&#235;l &#224; se d&#233;fendre &#187; ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id='t'&gt; # &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://orientxxi.info/IMG/jpg/rami_abou_jamous-couv.jpg' arial-label=&#034;L'image repr&#233;sente la couverture d'un livre intitul&#233; &#034;Journal de bord de Gaza&#034; de Rami Abou Jamous. Au-dessus du titre, on trouve l'indication &#034;Prix Bayeux 2024&#034;. La couverture illustre des silhouettes de b&#226;timents, avec une repr&#233;sentation graphique qui sugg&#232;re un paysage urbain. Il y a &#233;galement des &#233;l&#233;ments visuels, comme une flamme, qui ajoutent une dimension symbolique au contenu. En bas, une figure semble assise, renfor&#231;ant le caract&#232;re personnel et poignant du r&#233;cit. Le tout est pr&#233;sent&#233; avec un design minimaliste et des couleurs sombres.&#034; class=&#034;fond mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034; data-photo-w=&#034;600&#034; data-photo-h=&#034;879&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://orientxxi.info/IMG/jpg/rami...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;figure class='spip_documents spip_lien_ok'&gt;
&lt;img src='https://www.notrejournal.info/local/cache-vignettes/L64xH64/webp-55e14-0cb21.svg?1772819138' width='64' height='64'
alt=&#034;WEBP - 3.2&#160;kio&#034; style='max-width:100%;' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption&gt;
&lt;/figcaption&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Journal de bord de Gaza&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rami Abou Jamous&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;face de Le&#239;la Shahid&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sentation de &lt;a href=&#034;https://orientxxi.info/auteur/pierre-prier' class=&#034;spip_in&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pierre Prier&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;ditions Libertalia, collection Orient XXI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29 novembre 2024&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;272 pages&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18 euros&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commander en ligne : &lt;a href=&#034;https://librairielibertalia.com/web/journal-de-bord-de-gaza.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Librairie Libertalia&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://orientxxi.info/dossiers-et-series/ces-journalistes-qui-veulent-seulement-parler-du-hamas,8134" class="spip_out"&gt;https://orientxxi.info/dossiers-et-...&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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