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Grandeurs et Aléas des professions médicales ECOUTE réservée aux abonnés

lundi 29 décembre 2008, par Jean Claude THIODET - Lecture réservée abonnés (en cours)

Que cela est triste, la mort d’un enfant !! Quelle soit naturelle ( si l’on peut dire ) ou accidentelle, le drame est toujours le même.

Avez vous pensé au drame que vit le médecin ou tout autre membre de son entourage, de son "équipe" lorsque ce drame arrive sous sa "responsabilité" ?

Mais oui, après avoir passé 45 ans de vie "médicale", je suis encore hanté, bien des fois par ces patients dont je me souviens qu’il sont morts "de ma main" !!

Car, voyez vous, dans cette activité, la faille vous guète minute après minute, seconde après seconde, et c’est miracle que d’y échapper chaque seconde, chaque minute, et cela pendant des mois, des années.

Ce sont les circonstances de la vie !!

C’est ce tout petit morceau de ferraille qui fait s’abattre sur un hôtel le plus beau, le plus fiable, de tous les avions de ligne qui aient existé de notre temps.

Le pilote a décollé : le piège s’est refermé !!!!

Pensons à ces parents dont la colère est légitime, mais contre qui doit s’exercer cette colère ?

Faut il crier "HARO" sur le baudet, et vouer l’infirmière qui a été emportée par l’horrible tourbillon du hasard à tous les anathèmes ?

JE NE LE CROIS PAS !!!

(Je cite) L’infirmière de l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul, à Paris, soupçonnée d’avoir causée la mort mercredi d’Ilyès, un enfant de 3 ans, en raison d’une erreur de perfusion, a été mise en examen vendredi soir pour "homicide involontaire" et placée sous contrôle judiciaire avec interdiction provisoire d’exercer. Accompagnée du directeur de l’hôpital et d’un psychiatre et entourée de ses parents, la frêle jeune femme blonde de 35 ans est sorti livide du cabinet de la juge Marie-Odile Bertella-Geffroy. Son avocate n’a pas souhaité s’exprimer.

Le parquet, qui avait ouvert en fin d’après-midi une information judiciaire, avait requis son placement sous contrôle judiciaire avec interdiction de se rendre à l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul et d’entrer en contact avec les personnels. La juge a retenu ces demandes, allant au-delà en interdisant provisoirement à la jeune femme d’exercer sa profession. Selon une source proche du dossier, la juge n’a retenu à son encontre qu’"une simple négligence, imprudence ou inattention".

Le flacon pas à sa place

La victime, un petit garçon prénommé Ilyès, avait été conduit mercredi matin par ses parents au service pédiatrique de l’hôpital pour une angine. L’enfant est décédé à 20h45 en réanimation après une subite aggravation de son état. L’infirmière a reconnu lui avoir administré par erreur une perfusion du chlorure de magnésium au lieu d’un sérum glucosé destiné à le réhydrater, ce qui pourrait avoir provoqué un arrêt cardiaque. L’enquête judiciaire devra déterminer le rôle exact du produit incriminé dans la mort de l’enfant et les circonstances dans lesquelles l’erreur de manipulation à pu se produire. Car si selon le parquet, le chlorure de magnésium, qui n’est pas un produit dangereux en soi, peut l’être pour un enfant de cet âge avec un goutte à goutte réglé sur la base du produit initialement prévu, selon une source proche du dossier, "aucune conclusion médicale ne peut être établie" pour le moment.

Jeudi, le père du petit IIyès avait reproché à l’hôpital de ne pas avoir réagi assez vite alors que son fils était "en train de mourir", ce que récuse Roselyne Vasseur, coordinatrice générale des soins du groupe hospitalier Cochin-Saint-Vincent-de-Paul, pour qui l’alerte "a été donnée extrêmement rapidement" et "tout ce qui devait être fait a été fait". Mais pour l’oncle de l’enfant, "on ne peut pas mettre tout sur le dos de cette pauvre dame [l’infirmière]". Vendredi, ce dernier a même indiqué que la famille du petit garçon comptait porter plainte. Selon une source proche du dossier, le flacon de chlorure de magnésium n’était en tout cas pas à sa place et ressemblait beaucoup au flacon de sérum glucosé - même bouchon, même étiquette, même si les inscriptions, B46 pour l’un, et chlorure de magnésium pour l’autre, étaient dissemblables.

(D’après agence)

Voir en ligne : http://sos-net.eu.org/medical/resp.htm

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11 Messages de forum

  • 9990 - Grandeurs et Aléas des professions médicales 29 décembre 2008 13:41, par daniele

    Encore une erreur comme nous en entendons souvent, qu’elle provienne d’un établissement hospitalier ou d’une cour de justice - qui remet en liberté un criminel récidiviste qui va à nouveau assassiner.

    On dit : Cela ne doit pas exister.

    Mais cette regrettable affaire réactualise le problème des hospitaliers en général et des urgentistes en particulier, trop souvent sollicités pour des maladies bénignes ou des "bobos" qui doivent être traitées par les médecins généralistes.

    Alors on peut dire aussi de la même manière : Un enfant qui souffre d’une angine ne doit pas être hospitalisé.

    Avec un traitement antibiotique à la maison, dans le pire des cas, au bout de 48 heures un gamin est rétabli.

    En encombrant les services des urgences et les hospitalisations ( ruineuses pour la sécurité sociale ) , les cas graves, les accidentés, ne sont traités qu’avec beaucoup de retard car le personnel hospitalier est insuffisant en France.

    Personnel insuffisant, débordé de travail, des gardes trop longues, la fatigue aidant, une erreur peut alors tourner au drame comme c’est le cas dans cet article.

    A qui peut-on imputer cette responsabilité ? Sûrement pas à une infirmière seulement.

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    • 9991 - Grandeurs et Aléas des professions médicales 29 décembre 2008 14:50, par choirzy

      C’est l’éternel problème du "lampiste" dans l’Administration … C’est pas nouveau, mon grand-père en parlait déjà …

      C’est quasiment institutionnel : la haute hiérarchie de l’Administration Française ne prend jamais ses responsabilités et fait toujours supporter à un ou plusieurs ’lampistes" le poids de ses propres carences.

      Responsables ( "et ta soeur"… ) mais jamais coupables !!!

      Et d’une administration à l’autre, on se repasse aussi imperturbablement le "baigneur" quand un problème se présente …

      Je connais bien l’histoire de ce supposé "malade" échappé d’un centre hospitalier de Marseille. J’ai connu la victime de ce meurtre perpétué en pleine ville de Gap à coups de hache et je connais une partie de sa proche famille qui se bat depuis contre cette étrange décision de justice qui a considéré, contre toute attente, que ce meurtrier n’était pas responsable de ses actes … et qui tremble depuis en redoutant ce qui vient d’arriver.

      Si la justice est aussi sereine qu’elle le prétend dans ses décisions, pourquoi alors placer la famille de la victime sous protection policière si tôt son "évasion" ( par la porte ) connue ?

      Qui prendra la responsabilité (la vraie, et non pas celle des faux semblants habituels) de ces mauvaises décisions et des conséquences qui risquent d’en découler … ?

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    • 9992 - Grandeurs et Aléas des professions médicales 29 décembre 2008 14:53, par Jean-Claude THIODET

      Mais oi, Danièle. Le cas s’est reproduit cette nuit encore pour cet homme atteint d’une déficience cardio-respiratoire gravissime qui a attendu toute une nuit en allant d’hôpital en hôpital pour être enfin admis…..trop tard !! Il venait de succomber !!

      Mais il faut aussi rapprocher l’insuffisance hospitalière de la disparition progressive des petites unités privées qui assuraient les urgences jour et nuit tous les jours de l’année et qui, rachetées et regroupées par les sociétés financières ferment leurs portes le soir à 20 heures et en fin de semaine le vendredi soir !! Ô tempore, ô mores !!!!!!Chibani

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      • 10017 - Grandeurs et Aléas des professions médicales 30 décembre 2008 14:31, par Marino

        Et bien Jean-Claude :

        "Le cas s’est reproduit cette nuit encore pour cet homme atteint d’une déficience"

        - J’ai eu dimanche 25, il peut plus de chance que cet homme :

        Après que mon fils ait appelé S.O.S médecin (un numéro qui attérit sur un standard) , décrit les symptômes à un standartiste après "ne quittez pas …SVP (x fois) , s’entendre dire qu’aucun médécin (débordé) ne peut se déplacer. De bien vouloir appeler le. S.A.M.U, qui arrive après avoir eu une médecin au téléphone et de bien vouloir me diriger sur l’ Hôpital du Var qui est "le moins" surchargé..

        Là, je suis classée n° 15 . Rentrée à 14h30 , j’ai été vu à 17h 30. après les petits bobos "urgents, de famille entière" . Là j’ai eu droit à une perfusion de …. et garer dans un couloir , car il n’ y avait plus de place au service Cardio.

        - Comme c’était le W-End, je pense que beaucoup de monde était en congés dans ce service car je n’ai toujours pas vu le Médécin de ce service.

        ça c’est du vécu récent, mais peut-être que le raté de mon coeur n’était pas si urgent…

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        • 10020 - Grandeurs et Aléas des professions médicales 30 décembre 2008 15:34, par jean claude Thiodet

          Ma foi !! il est , en effet , probable que le ’raté" de son coeur ne constituait pas une urgence !! tant mieux pour lui ! Mais si cet homme était inquiété par son état, i eut mieux valu qu’il y eut un médecin disponible pour le voir et le rassurer en ville , ce qui lui aurait éviter de passer une nuit inconfortable dans un hôpital surchargé !! J’ai toujours dit qu’il y avait beaucoup plus de gens pressés que de véritables urgences !Mais bien sûr, pour le profane, comment distinguer une véritable urgence d’un incident sans gravité ? Docteur Chibani !!

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      • 10131 - Grandeurs et Aléas des professions médicales 2 janvier 2009 17:01, par Tinoso

        Bonjour, moi aussi je suis touché par la mort de ce gosse, et révolté contre la décision à l’encontre de cette infirmière, les journalistes en rajoutent pas mal pour faire du papier, et je ne parlerais pas des donneurs de leçons qui n’ont jamais mis les pieds dans un service des urgences.Il faut y vivre pour savoir ce qui s’y passe réellement, le stress constant, les coups de bourre, les "clients" qui gueulent pour rien, les petits bobos ( qui n’ont rien à faire aux urgences ) et qui veulent passer avant les autres, le personnel doit "canaliser", tempérer, quand il ne se fait pas insulter et même prendre des coups ( et c’est bien plus courant que la presse veut bien le relater ) alors qu’à la fin il y a des "erreurs" je dirais que c’est presque "normal" car ce sont des humains qui doivent "réparer" des humains et comme tout humain l’erreur est aussi humaine. Mon épouse ( 40 ans d’hosto ) mes beaux parents (40 ans d’hosto ) ma belle fille (25 ans d’hosto ) mon fils (20ans d’hosto dont 15 aux urgences ) autant dire que j’en connais un rayon dans ce domaine, sans avoir jamais été moi même employé dans un hosto, alors "l’information" diffusée par nos médias, me laisse le plus souvent sceptique sur la partialité des propos à ce sujet. D’autant plus que c’est regrettable pour la famille de ce gosse, mais un bon procés peut aussi rapporter gros, quitte à pourrir la vie de soignants.

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  • 9995 - Grandeurs et Aléas des professions médicales 29 décembre 2008 16:01, par Serein

    Bonjour . L’infirmière n’est évidemment responsable de rien , les reponsables sont les ou la personne qui ont entreposé aux même endroit deux flacons similaires , et les laboratoires qui ne se préoccupent pas des emballages et des étiquettes de leurs concurrents .

    Mon frère ainé est mort du tétanos l’infirmière l’ayant vacciné avec une aiguille rouillée . Le médecin a eu beau tempêter et l’exclure du corps médical , mon frère , beau B.B est mort à l’âge de un an .

    A l’époque on ne poursuivait pas le corps médical pour un oui pour un non , alors que de nos jours il faudrait que les médecins évitent de nombreux « patients « atteints de pathologies graves .

    C’est devenu une pratique courante ( qui devrait être interdite ) de poursuivre les chirurgiens ou les médecins au moindre souci , provenant le plus souvent de la santé du patient .

    Bien sûr dans le cas de cet enfant , c’est tragique . Serein

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    • 10000 - Grandeurs et Aléas des professions médicales 29 décembre 2008 19:46, par Jean-Claude THIODET

      En fait, mon brave serein si ton frère est mort du tétanos, la "rouille" ( et je doute fort que cet aiguille ait été rouillée !!) n’y est certainement pour rien !! Je m’étonne que la vieille fable du "clou rouillé " ait encore cours de nos jours !! Si ton frère est mort du tétanos, c ’est qu’à ce moment ou à un autrevu la durée d’incubation de la maladie après l’inoculation, , une spore tétanique lui a été inoculée, développant le bacille de NICOLAÎ responsable de cette redoutable maladie !!

      Là encore, si c’est l’aiguille dont tu prales qui a été responsable de l’inoculation, la négligence venait certainement de plus haut que l’infirmière ! De plus à l’époque des faits, malgré le passage de Louis PASTEUR, père de l’" Antisepsie "s’il y a une chose qu’on ne maitrisait pas, c’était bien l’"Aseptie" .

      Et d’ailleurs, encore aujourd’hui, ne se bat pas encore contre ce que l’on appelle "les infections nosocomiales" ? Pardon pour ce mini cours de médecine, ou plutôt d’hygiène !!

      Tu diras peut être : "Là ouski a d’l’ygiène ya pas d’plaisir" !!!Bref ! Tout cela est encore bien complexe !!! ma pauvre dame !!! Chibaba

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      • 10005 - Grandeurs et Aléas des professions médicales 30 décembre 2008 09:28, par Serein

        En vérité mon frère ( je n’étais pas né ) est mort parce que l’infirmière aurait posé au dire de ma famille et du médecin l’aiguille prés d’un tas de fumier . C’est une de mes soeurs qui m’a récemment parlé d’une aiguille rouillée ?

        Toujours est-il que le médecin ( nous vivions à SAFI , au Trab Sini , venant de Mouzaïa , La Chiffa , Hussein Dey , Alger - 9 rue des colons , ma marraine et son mari sont les artisans des grilles de fer du palais d’été à Alger , famille venant d’un peu partout de la France notamment d’Alsace Lorraine aprés 1870 … bref revenons au sujet .

        N’y connaissant strictement rien à la médecine je ne m’aventurerai pas sur ce sujet surtout avec un médecin , peut - être spécialiste ( le corps médical en France est excellent ) . Médecin j’aurai parsemé mon parcours de nombreux cadavres .

        Toujours est-il que ma mère n’a plus voulu d’enfants un certain temps , puis le temps aidant 7 frères et soeurs sont nés .

        Ma mère m’a toujours dit que le médecin avait soutenu la thése du fumier et du tétanos, et a certifié que le médecin avait demandé que cette infirmière ne soit plus habilitée à travailler dans tout le Maroc . Voilà . Serein

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        • 10013 - Grandeurs et Aléas des professions médicales 30 décembre 2008 11:26, par Jean-Claude THIODET

          L’histoire du tas de fumier serait, à la grande limite, plus crédible, parce que, en effet, c’est dans ce genre d’habitat que se développent volontiers les spores tétanigènes. Mais de là à poser une seringue avec son aiguille montée à son extrémité !!!!!! Bref, quel malheur pour cette pauvre mère qui a perdu son enfant , et cela du tétanos, à une époque où on connaissait le vaccin, mais où on était fort désarmé devant la maladie déclarée !!! chibani

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  • 9999 - Grandeurs et Aléas des professions médicales 29 décembre 2008 19:45, par GG

    Tu sais, Chibani, quand j’ai entendu cette information j’ai été touchée par le décès de ce petit enfant, on l’est toujours dans ces cas-là. Mais comme dit Daniele, une angine devrait être soignée à la maison par le médecin de famille. Les urgences devraient être réservée aux vraies urgences.

    Mais j’ai pensé aussi à cette infirmière, qui a sa vie foutue, d’autant plus qu’on fait ce qu’il faut pour qu’elle se sente coupable !

    Ce n’est pas admissible.

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