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Barricades pour un drapeau (mis à jour) ECOUTE réservée aux abonnés

lundi 13 octobre 2008, par Danièle LOPEZ - Lecture réservée abonnés (en cours)

Lorsqu’on lit la version dite « officielle » du Service Historique de la Défense qui reprend la narration écrite par Bernard Droz et Evelyne Lever on ne peut s’empêcher d’être en colère.

Après avoir pris connaissance des témoignages qui suivent, et qui ont été reconnus par nombres de journalistes présents à Alger ce jour-là, nous ne pouvons – et nous ne devons - pas accepter cette version qui n’est pas la vérité historique même s’ils la veulent officielle.

Pour que chacun de nous – en tous cas ceux qui n’ont pas vécu ce 24 janvier 1960 – ait une approche plus fidèle de ces évènements, il faut impérativement lire le reportage « en live » que nous livre Paul Ribeaud dans son ouvrage,

« Barricades pour un drapeau » paru aux éditions La table ronde en avril 1960.

Vous trouverez, en italique,

- tous les dialogues ou passages des chapitres qu’il a écrits et qui sont d’une importance capitale dans le déroulement de cette journée tragique.
- Les photos qu’il a prises à cette époque et qui accompagnent son témoignage ainsi que
- des pages entières photocopiées pour que même une seule virgule de son récit reste inchangée.

Sa présence auprès des personnages clé de cette journée des barricades, des quelques jours qui lui ont précédés, et de ceux qui ont suivi, en font un témoignage d’une grande véracité par son impartialité.

Il a fini d’écrire ces journées de janvier 1960, en mars 1960 et les a publiées en avril 1960.

Paul Ribeaud est journaliste, collaborateur de Paris Match et d’autres agences de presse internationales. Son frère Guy Ribeaud, fervent gaulliste, est depuis 1954 l’homme de confiance de Chaban-Delmas et l’un des personnages influents des Républicains Sociaux.

Bien introduit dans les milieux politiques, Paul Ribeaud obtient toujours les informations qui le feront se trouver au bon endroit et à la bonne heure pour saisir l’évènement.

C’est ainsi qu’on le retrouvera le 11 mai 1958, à la veille du coup d’état qui a fait chanceler la IVème République, dans l’avion du Ministre de la Défense nationale Chaban-Delmas pour inaugurer à Philippeville « l’Ecole des cadres pour la Guerre révolutionnaire, dite subversive ».

La révocation de Massu

Ce 20 janvier, il attend avec d’autres reporters dans le hall de l’Hotel Raphaël à Paris, le général Massu qui sera limogé par De Gaulle après l’interview qu’il a donnée à Kempski, journaliste au Süddeutsche Zeitung. Tous les journalistes ayant essayé d’approcher Massu savent qu’il n’a jamais voulu donner d’interview. Que son limogeage intervienne après cet entretien ne peut que confirmer la réalité de l’entretien.

Révélations de Massu à Kempski

Toujours prêt à saisir l’évènement, il part le 22 janvier pour Alger où il doit séjourner un ou deux jours avant de se rendre à Reggane, sur les informations d’un responsable de la Base, pour assister à l’explosion imminente de la première bombe atomique française. Il est, bien sûr, à cent lieues de se douter du climat bien plus explosif qui règne à Alger.

Assis à ses côtés, dans la voiture qui le conduit à Orly, le député d’Oran Portolano lui confie :

« Nous sommes foutus. On veut relever Massu de son commandement. C’est de la folie, on veut mettre Alger à feu et à sans. »

Dans la caravelle d’Air France se trouvent également Laradji et Lauriol tous deux également députés d’Algérie .Ils viennent d’être reçus séparément par De Gaulle et sont très mécontents des propos que leur a tenus le chef de l’État.

Lauriol répète à Ribeaud ce que De Gaulle lui a dit :

« L’Armée ne fait que des conneries, elle a fait l’affaire Dreyfus, elle a fait Pétain et maintenant elle veut faire l’intégration. Cent mille morts fellagha glorifient une cause. les magistrats des tribunaux militaires sont des incapables et des médiocres qui font une répression sans nuance, ce ne sont que des exécuteurs de hautes œuvres. Les musulmans ne seront jamais des français, ils détestent les français d’Algérie, ils attendent de moi que je leur ramène Ferhat Abbas. »

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5 Messages de forum

  • 8008 - Barricades pour un drapeau (mis à jour) 11 novembre 2008 23:18, par Jean-Claude THIODET

    Je ne sais pas d’ où tu as sorti ce document Tatie, mais il est excellent.

    Il ne met cependant pas suffisamment en exergue, à mon avis que ce sont les Gendarmes Mobiles, les rouges du colonel Debrosse, de la caserne des Tagarins , qui ont tiré sur les gendarmes, "la maréchaussée", dans le dos !! et que les civils n’ont été responsables d’aucune mort ! Chibani

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    • 8016 - Barricades pour un drapeau (mis à jour) 12 novembre 2008 11:36, par Jean-Louis MARTINEZ

      Le 24/01/1960, (je n’avais pas tout à fait 17 ans) avec mon père et 3 copains de Bab-El-Oued (dont un musulman) nous étions sur le forum. Quand la fusillade a éclaté dans un immense nuage de fumée, la foule commençait à se disperser. Ce fut subitement la panique générale et je me souviens parfaitement (c’est une image qui est gravée dans mon esprit à tout jamais) avoir vu dans ma fuite, à l’angle de la rue Charles Péguy et du Boulevard La Ferrière, un gendarme à terre se faire lapider par une dizaine de personnes, le fusil qu’il avait lâché a été récupéré par un jeune de mon âge. Je n’ai pas vu la suite mais je suis persuadé que le malheureux, qui avait perdu son casque, ne s’en est pas sorti vivant, car les coups de pieds qu’il recevait étaient extrêmement violents.

      Je nuance donc un peu les propos de notre ami Chibani sur les civils, étant fait observer que bien entendu, je comprends cette réaction du moment qui était à la fois saine et courageuse puisque les gendarmes tiraient sur une foule désarmée composée en grande partie de femmes, d’enfants et de vieillards.

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      • 8021 - Barricades pour un drapeau (mis à jour) 12 novembre 2008 14:01, par daniele

        Merci, Jean-Louis.

        Ton témoignage est important car tout doit être dit !

        Je n’imagine pas un seul instant que des jeunes gens ou des hommes dans la force de l’âge, d’Algérie ou d’ailleurs, dans un climat de guerre, aurait pu laisser échapper un de leurs "tortionnaires", surtout si le carnage avait commencé ! Mais ce n’est pas une excuse pour occulter ces faits.

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      • 8667 - Barricades pour un drapeau (mis à jour) 28 novembre 2008 10:01, par Jean-Claude THIODET

        Naturellement, j’accepte cette petite mis au point de Jean-Louis MARTINEZ. j’étais parti le 22 ou le 23 à Paris pour effectuer un stage de chirurgie orthopédique de deux semaines dans le service du professeur JUDET à Garches. A cette époque, les nouvelles ne circulaient pas aussi vite qu’aujourd’hui, etpuis j’étais occupé à autre chose qu’à lire les journaux. c’est donc le 25 ou le 26, interrogé par une journaliste américaine sur la topographie des lieux,que j’ai pris conscience qe la gravité de l’évènement. Il m’a fallu le temps de changer ma place d’avion, de confier aux transporteurs la Peugeot dont j’avais pris livraison pour mon père et que je devais la descendre à Marseille pour l’embarquer, etc…. et je ne suis arrivé à Alger que le samedi soir de la première semaine. Je n’ai donc été témoin de rien d’autre que de la sortie de LAGAILLARDE ; C’est difficile d’être toujours là ou il faut au bon moment !! Chibani

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    • 8020 - Barricades pour un drapeau (mis à jour) 12 novembre 2008 13:52, par daniele

      Ce livre je l’ai à la maison depuis au moins 20 ans ! Mais il y a des tas d’ouvrages sur la guerre d’Algérie que je n’ai pas pu lire jusqu’au bout. J’en ai encore que je sortirai dont un spécialement odieux qui me débecte et qui date : l’OAS contre De Gaulle. Au fur et à mesure je les relis (de re-lecture) et avec le temps j’essaye de moins m’énerver contre tous ces barbouzes, gauchistes ou autre curaillerie qui nous ont eus jusqu’au trognon.

      En ce qui concerne le livre "Barricades pour un drapeau", Paul Ribeaud raconte ces journées parce que justement il sait - et il donne le témoignage de ce militaire retraité à cet effet - il sait que ce sont les gardes mobiles qui ont tiré . Il prouve aussi que Debrosse a contrevenu aux consignes qui étaient données d’attendre les paras qui auraient pu, par l’amitié qui les liaient à la foule, éviter cette tuerie. Mais seul Debrosse sait de qui il tenait ses ordres pour aller à l’encontre des accords passés entre les militaires Gardès - Challe, le patron du GG, Delouvrier et les manifestants, Ortiz et compagnie.

      Un premier guet-apens dans lequel les pieds noirs algérois se sont laissés prendre.

      Lagaillarde a été le seul à ne pas passer d’accords - avec personne, pas même les députés.

      Paul Ribeaud pose des questions très importantes si tu relis bien les dernières pages de l’article. Il a fait son enquête et c’est à chaud qu’il analyse la situation.

      Tous ceux qui peuvent essayer d’y répondre sont les bienvenus !

      Je vous ferai part aussi de la suite du livre jusqu’à la reddition de Lagaillarde avec des photos de l’époque prises par lui et une fois tout photocopié tu pourras ajouter cette oeuvre à notre bibliothèque.

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