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MON PAYS LA FRANCE

samedi 31 décembre 2005, par mansion

3Quand les Français débarquè­rent sur nos côtes, le mot algérien n’existait pas. Notre histoire com­mence en 1845. En 1830, en cette terre d’Arique du Nord, c’est le chaos, deux millions d’esclaves ran­çonnés par les pillards ou les féo­daux, rongés par la syphilis, le tra­chome, le choléra, la malaria. Des déserts, des marais pestilentiels, plus rien de ce qui avait été la paix romaine. La France nous aurait vo­lé notre patrie ?

... Allons, ce n’est pas sérieux et je souffre quand j’en­tends d’honnêtes gens soutenir cette thèse. Entre le marché de Badistan et l’hôpital Mustapha, entre le bu­reau arabe du maréchal Bugeaud et le budget social de l’Algérie, les dunes arides du Sahara et le com­plexe pétrolier, les terres desséchées et les barrages de Beni-Bahdel et Foum-el-Gherza, un siècle seule­ment s’est écoulé.

Quand je me promène dans cer­taines communes de France, sans eau, sans électricité et qu’il m’ arri­ve d’y rencontrer des paysans vi­vant comme au Moyen-Age, quand je parcours certains quartiers ou­vriers de la métropole avec leurs mi­sères innommables, je me sens moins sévère pour ce qui n’a pas été fait en Algérie. On a dit ­Napoléon III le pensait déjà que l’Algérie coûtait plus cher qu’elle ne rapportait. C’est le Second Empire qui a introduit cette notion de ren­tabilité de l’Algérie en créant les premières sociétés à actions, mais il serait malhonnête de porter ce capi­talisme anonyme au compte des Français d’Algérie. Les trusts inter­nationaux sont, hélas, une réalité et certains petits épargnants français qui surveillent le rapport de leurs coupons seraient peut-être surpris si on leur disait que, beaucoup plus que les pieds-noirs, ce sont eux qui ont fait suer le burnous (...). On a laissé insulter ces soldats que j’ai vu tenir les mancherons de la charrue dans les champs de nos paysans, mettre au monde des petits musul­mans, les soigner, leur apprendre à lire, à travailler."

Bachaga Boualam

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