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le : 25.05.2012


Volonté du peuple et démocratie ne sont pas que des mots, crois-y !

Publié le lundi 19 décembre 2011, par Jean-Marie Avadian. Cet auteur/article n'est pas de NJ - La source externe est indiquée
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On dit que le droit de vote si durement acquis par le peuple crée l’obligation de voter.

On dit que l’élection par le suffrage du peuple c’est ce qui rend légitime les décisions prises par les élus (ce qui leur donnerait un blanc seing pour faire n’importe quoi  ?).

On dit que celui qui s’abstient n’est pas légitime quand il critique ensuite la politique des les élus alors qu’il ne s’est pas opposé par son vote à leur élection.

On dit que la France est une démocratie car c’est le peuple qui exprime sa volonté et décide de la marche de nos institutions républicaines puisque c’est lui qui sanctionne par son vote à la fois ceux qui seront élus et les programmes que ces élus souhaitent mettre en œuvre.

On dit beaucoup de choses pour réveiller notre civisme et pour que le peuple ne boude pas les élections afin qu’elles reflètent bien la volonté souveraine du peuple . . .

 

 

Mais la loi électorale dit que ceux qui se sont déplacés pour voter et qui ont mis un bulletin BLANC dans l’urne ne sont pas allés voter.

Pourquoi dit-on que la France est la patrie des droits de l’homme et du citoyen si le citoyen français n’a pas le droit de le dire quand aucun des bulletins de vote qui lui sont proposés ne répond à ses attentes légitimes  ?

 

Pourquoi en France celui qui vote BLANC est-il toujours traité de nul  ?

 

Selon la loi électorale, lorsque deux candidats à une élection s’affrontent pour obtenir notre suffrage il est impératif que nous disions vers lequel se porte notre voix.

 

Et s’il faut choisir entre la peste et le choléra nous devons choisir la peste ou le choléra.

Si moi j’ai envie de dire que je préfère rester en bonne santé car ni la peste ni le choléra ne me conviennent, alors selon la loi électorale je ne suis pas un citoyen responsable ce qui amène la république à conclure que j’ai choisi de ne pas m’exprimer sur cette question.

 

La loi électorale exige que le citoyen choisisse entre toutes les options proposées et seulement entre les options proposées. Il est interdit de le dire si nous préférerions autre chose.

Pour un référendum par exemple, ce n’est pas le peuple qui décide des choix qui lui sont ainsi proposés mais, comme au restaurant, on choisit seulement en fonction du menu qui a été établi.

Oui mais si le menu ne m’intéresse pas, moi je change de restaurant alors que, en tant que citoyen français, il ne m’est pas permis d’aller voter ailleurs lorsque la question posée n’est pas représentative des choix qui devraient s’offrir à moi.

 

 

21 avril 2002 un cas d’école saisissant  !

 

A la veille de l’élection présidentielle de 2012, on ne c esse de rappeler celle de 2002.

Pourtant, si les votes blancs avaient été comptabilisés et validés lors de l’élection présidentielle de 2002, la saga suivant le 21 avril aurait pris une tournure tout à fait différente.

 

Au premier tour, Chirac était arrivé en tête avec 19,88% des suffrages suivi de Le Pen qui en totalisait 16,46%. Jospin troisième avec 16,18% était donc éliminé.

Au second tour tous les partis de gauche ont mobilisé contre l’abstention ont donné consigne de voter Chirac qui a été élu avec 82,21% des suffrages exprimés contre 17,79% pour Le Pen.

 

Le front de gauche s’est alors réjoui d’avoir ainsi fait barrage au Front National.

 

Fort de cette majorité écrasante qui pouvait faire pâlir d’envie bien des potentats, Chirac a pu dormir tranquille à l’Élysée pendant 5 ans de plus.

 

Mais que ce serait-il passé si les votes blancs avaient été comptabilisés  ?

Il est probable que Le Pen aurait conservé le soutien des 18% qui ont voté pour lui.

Il est probable aussi que le front de gauche aurait invité à voter BLANC.

Le report des votes selon ces consignes aurait alors donné peu ou prou les votes BLANCS suivants   :

16.86% soit 100% des reports de Lionel Jospin

  1.71% soit   25% des reports de François Bayrou

  5.72% soit 100% des reports de Arlette Laguiller

  5.33% soit 100% des reports de Jean-Pierre Chevènement

  5.25% soit 100% des reports de Noël Mamère

  4.25% soit 100% des reports de Olivier Besancenot

  1.41% soit   33% des reports de Jean Saint-Josse

  3.37% soit 100% des reports de Robert Hue

  0.47% soit 100% des reports de Daniel Gluckstein

Soit au total 44.30% de votes BLANCS. Avec Le Pen à 18% Chirac n’aurait pas atteint les 38%.

 

Alors, le 5 mai au soir on aurait constaté que le peuple n’avait pas choisi son nouveau président car ni l’un ni l’autre des finalistes avait recueilli la majorité absolue des suffrages.

La démocratie en aurait pris acte et une nouvelle élection présidentielle aurait été immédiatement programmée. Dans cette nouvelle élection le peuple aurait confirmé ou corrigé ses choix précédents et personne n’aurait crié au déni de démocratie.

 

 

Vous avez dit que le vote exprime la volonté du peuple  ?

 

Le référendum français sur le Traité pour la Constitution Européenne avait produit 54,68% de NON.

Ce bel exemple de l’expression de la volonté démocratique du peuple français a été suivi d’un bel exemple de déni de démocratie lorsque Sarkozy a décidé que le Traité de Lisbonne  —concocté pour contourner la décision souveraine de blocage du peuple français— serait ratifié par le parlement et non pas soumis à ce peuple qui l’avait élu après avoir retoqué ledit traité.

 

On peut certainement trouver des arguments à Sarkozy qui —en vertu de l’infaillibilité présidentielle que lui confèrerait son élection au suffrage universel— a voulu ainsi rectifier les erreurs grossières de la nation qui avait voté NON.

Mais alors arrêtons de chanter les louanges de la démocratie dans le pays qui a fait du Serment du jeu de Paume son crédo mais qui s’est empressé d’en a oublié le sens. (*)

 

 

(*)   Rappel de la portée historique de ce serment  :

Les députés du Tiers représentant le peuple (à côté des représentants de la noblesse et de ceux du clergé) avaient décidé que leur opinion faisait loi et le roi qui n’était pas d’accord avait finalement capitulé. Pour la première fois dans l’histoire de la France c’est le peuple qui avait le dernier mot dans une confrontation politique et pacifique face au plus haut sommet de l’État.

 

/

/

/ FIN

 

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4 Messages de forum

  • Volonté du peuple et démocratie ne sont pas que des mots, crois-y ! 19 décembre 2011 20:34, par gerardoranmorin

    République, Démocratie, suffrage universel, ne sont-ce pas là des mots, des postures idéales pour faire croire que le peuple seul est maître de son destin ? D’abord, c’est quoi le peuple ? Quel est le poids véritable de son vote ? Que faire des parachutages, des découpages de circonspections, des marchandages entre partis, du bourrage d’urnes etc.
    Certes ces déviations ne pèsent pas devant le poids symbolique des grands mots, mais c’est pourtant ce que les gens vivent, leur vie est conditionnée par elles. Vous vous sentez solidaires avec toutes les décisions prises par vos représentants ?
    La première déviation, c’est la République. Tout le monde est républicain, même les ex-républiques soviétiques, ou la République démocratique du Congo, je vous laisse le soin de compléter la liste. Comme je plains tous ces malheureux qui vivent en Angleterre, Suède, Danemark, Espagne, enfin dans les six monarchies parmi les douze fondateurs de l’Europe politique.
    La deuxième déviation, c’est la Démocratie. Démocrate un pays qui utilise votre bulletin de vote comme d’un PQ (vote sur la constitution européenne) ? Démocrate un pays qui interdit de vote toute une population (Indépendance de l’Algérie) ? Démocrate qui organise en douce un référendum sur la constitution de Mayotte en un département français sans que les Français ne puissent y participer ?
    Démocrate un pays qui refuse le droit de vote à certains des habitants d’un territoire d’Outre-mer (Nlle Calédonie) sous prétexte du manque d’ancienneté dans ce territoire, alors qu’il accordera, sans doute très bientôt, ce même droit aux étrangers présents en France, au prétexte qu’ils paient des impôts ? Mais ils paient des impôts parce qu’ils jouissent des prestations et des infrastructures qu’ils utilisent quotidiennement. Manquerait plus qu’ils vivent à l’œil ! Mais ceci ne les métamorphose pas pour autant en de bons et loyaux français.
    Et que penser des votes blancs, de l’utilisation forcenée des médias pour orienter les sensibilités ?
    Je crois l’avoir déjà écrit sur ces pages, tout ça fait de nous uniquement des consommateurs, des béni-oui-oui. Vous ne trouvez pas amusant que les instances européennes nomment (on n’élit pas, vive la démocratie !) à la tête de pays faillis, Grèce ou Italie, des grands fonctionnaires formés dans les banques précisément responsables de ces faillites ?
    Alors, y sont où les démocrates ? Il est où le peuple ?

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    • Volonté du peuple et démocratie ne sont pas que des mots, crois-y ! 21 décembre 2011 08:39, par Bernard95.lerme

      Pour se partager le gâteau à l’Assemblée Nationale, les Députés de Gauche et de Droite se refusent à toute nouvelle représentation à la Proportionnelle. Sauf aux élections législatives de 1986 promises par François MITTERRAND mais pour limiter en définitive les pertes du PS. Ce qui entraînera la démission de Michel ROCARD en Avril. Il n’acceptait pas l’élection de députés issus du Front national. La Démocratie sortirait renforcée par une représentation plus équitable de l’ensemble des Partis à l’Assemblée Nationale.

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      • Volonté du peuple et démocratie ne sont pas que des mots, crois-y ! 21 décembre 2011 13:46, par gerardoranmorin

        C’est tout à fait évident. D’ailleurs la gauche, moins frileuse que la droite, contourne la non-représentation proportionnelle en passant des accords électoraux avec les pastèques (ceux qui sont verts dehors et rouges dedans). Voilà donc un parti qui ne représente presque rien au plan électoral mais qui se retrouve avec des élus en nombre, avec même un groupe parlementaire à l’assemblée, ce qui est hors de proportion avec leur représentativité réelle. On l’a bien vu tout récemment lors des indécents marchandages entre PS et Verts.
        Dans ces conditions pas besoin de proportionnelle.
        Bien sûr il faut des alliances pour pouvoir gouverner mais comme à droite il n’en est pas question, alors rien ne changera.
        Qui a distingué le pays réel du pays légal ?

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  • Totalement à côté de la plaque ! Nous savons tous, depuis un demi-siècle au moins, qu’il n’y a plus de citoyens dans ce pays ... il n’y a que des contribuables sélectionnés !!

    Alors, que nous votions comme ci, ou comme ça : blanc, rouge, vert, rose ou bleu ... n’a vraiment plus aucune importance. La finalité de la votation dite démocratique, reste immuable ... même punition, même ordre, même motif : toujours plus de cinéma pour obtenir toujours plus de sous, de privilèges et de notoriété pour la "classe".

    Si le PiB n’arrive plus à fournir ... Allez, fouette cocher ... l’haridelle n’a pas tout donné et peut encore avancer !!

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