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le : 25.05.2012


Toujours la faute des banques.

Publié le mercredi 12 octobre 2011, par Jean-Marie Avadian. Cet auteur/article n'est pas de NJ - La source externe est indiquée
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Angela Merkel et Nicolas Sarkozy n’ont pas le temps de gérer les affaires courantes tant ils sont préoccupés par la situation des banques qui sont au coeur de la crise de la zone euro.
Heureusement, ils vont agir de conserve pour résoudre le problème et trouver une issue à cette crise qui perdure et s’aggrave. 
En fait, ils n’ont pas compris le problème mais ils nous disent tenir la solution !

Soucieux de régler ce problème épineux, Nicolas et Angela se sont rencontrés hier et, comme le rapporte tous les journaux, ils ont décidé d’agir :

FRANCE24 La chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy sont réunis à Berlin pour trouver un terrain d’entente sur une recapitalisation des banques européennes et tenter ainsi d’enrayer la crise de la dette dans la zone euro. LE POINT :La chancelière allemande Angela Merkel a reçu le président français Nicolas Sarkozy ce dimanche à Berlin pour tenter de trouver un terrain d’entente sur la manière de recapitaliser les banques européennes, une étape devenue cruciale pour résoudre la crise de la zone euro. Certaines banques européennes commencent en effet à vaciller sous l’effet de la crise de la dette qui s’éternise. Plus d’une ne résisterait notamment pas à un nouveau sauvetage de la Grèce au bord de la faillite, qui impliquerait une forte décote de sa dette.  

Le problème est pourtant simple : les États sont surendettés.
(RAPPEL : Selon la loi en France, la situation de surendettement est caractérisée par l’impossibilité manifeste pour le débiteur de bonne foi de faire face à l’ensemble de ses dettes. Hormis la bonne foi qui fait gravement défaut au moins dans le cas de la Grèce mais qui ne saurait être postulée sans réserves pour les autres emprunteurs publics, cette définition correspond bien à la situation des dettes publiques.).

Une conséquence directe c’est que ceux qui ont été assez frivoles pour prêter à des débiteurs aussi peu fiables que les États en question risquent de lourdes pertes si ces débiteurs font défaut.
Comme il se trouve que les prêteurs les plus exposés sont les banques de la zone euro, Nicolas et Angela ont raison de s’inquiéter de la solidité financière de ces banques et de douter de leur capacité à subir le choc d’un tel défaut ou pire d’une cascade de défauts. 

La solution évoquée par notre président de droite :
Il s’agit de renforcer le capital des banques afin qu’elles ne coulent pas quand elles devront passer ces mauvais crédits par pertes et profits. Après ce tour de passe-passe, les États qui feront défaut ramèneront les fonds propres des banques concernées au niveau précédent. Et pour éviter la contagion, il faudra que l’État remettre au pot.
Ainsi on élimine les dettes des pays les plus exposés grâce à des injections de capital des pays les plus solides qui s’endettent à concurrence pour renflouer les banques. 

La solution évoquée par les socialistes :
Ils proposent de nationaliser les banques. C’est encore pire ! Dans ce cas la France s’endette pour racheter les banques transférant au passage au contribuable le risque de défaut, mais cela n’atténue pas ce risque sauf si on augmente aussi les fonds propres des banques comme ci-dessus, c’est–à-dire en aggravant deux fois plus l’endettement de l’État.
Ainsi on élimine les dettes des pays les plus exposés grâce à des injections massives de capital des pays les plus solides qui s’endettent doublement et prennent leurs contribuables en otage. 

Une autres approche est pourtant possible :
La bonne approche, mais même s’il n’est pas politiquement correct de l’évoquer, s’effectue en deux étapes :
(1) Les États les moins menacés rachètent les dettes compromises des États cigales et les passent par pertes et profits, ce qui augmente leur propre dette comme ci-dessus.
(2) Tous.les États s’engagent vraiment dans une politique de dépenser moins et d’assainissement de leurs dettes avec certes plus d’impôts à la clé.
Ceci restaurerait la crédibilité des États qui est nulle aujourd’hui. Pour la France, la réduction de la dette pharamineuse donnerait de l’oxygène au budget de l’État dont ce poste est le plus important. Oxygène dont on a bien besoin par ailleurs.
Certes la pilule serait amère mais si on doit investir dans des médicaments onéreux, autant choisir les remèdes suceptibles de nous guérir. 

Conclusion :
On ne veut pas dire que la France va éponger les dettes d’un ou plusieurs autres pays, alors on le fait par la bande en recapitalisant les banques françaises !
Et puis il n’est pas question de dire qu’on va augmenter les impôts des gens qui vont voter aux prochaines élections, alors on gonfle la dette de manière à mettre le couillon de contribuable devant le fait accompli.
Mais après les élections seulement.  

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5 Messages de forum

  • Toujours la faute des banques. 16 octobre 2011 21:49, par SINTES

    On se demande finalement qui emprunte quoi, pour en faire quoi, pour quelle durée , et à quel taux ? et encore plus fort : le montant n’est pas fixe, le niveau de l’emprunt est variable, une partie pouvant en être effacée, rééchelonnée, ou que sais-je ? c’est pire que le système des Assignats, qui avaient au moins le mérite d’être "assis" sur la valeur des "biens nationaux" ! là, rien n’est assis sur rien (les réserves d’or sont d’un volume qui n’a plus rien à voir avec le volume monétaire ..... On est en fait dans un système de "cavalerie", bien connu et normalement interdit par les banques quand il s’agit de particuliers : on rembourse les dettes grâce à de nouveaux emprunts ! combien de temps cela durera ? Sont-ce les Etats qui renfloueront les banques ? Ou les banques (éventuellement chinoises, pourquoi pas ?) qui renfloueront les Etats ? Manarf (comme disent nos "cousins" !).

    Répondre à ce message

    • Toujours la faute des banques. 20 octobre 2011 02:21, par Kir

      Sintes, je vais essayer d’éclairer votre lanterne, avec des mots simples :

      En ce qui concerne les emprunts d’état :

      - chaque année il faut payer les emprunts passés qui arrivent à terme.

      La France émet des emprunts à 3 mois, 6 mois, 1 an, et plus. La duration moyenne de ces emprunts est de 7 ans pour la France (la duration étant le temps moyen pour rembourser), ce qui est un temps relativement long, et donc moins soumis aux écarts de taux, ce qui est un bon point.

      Mais, en réalité, l’état rembourse d’une main, et emprunte la même somme de l’autre main, puisqu’il n’y a pas d’argent en caisse. Il emprunte au marché (aux investisseurs) qui doit donc financer à la fois la dette passée et la nouvelle dette émise.

      Exemple : mettons que l’état doive payer 2 millions d’€ d’intérêts sur la dette qui arrive à échéance aujourd’hui. Il va demander au marché de financer un nouvel emprunt de 2 millions, lequel marché, in fine, doit donc financer la dette passée + la nouvelle dette = 4 milliards d’€.

      le montant n’est pas fixe, le niveau de l’emprunt est variable, une partie pouvant en être effacée, rééchelonnée, ou que sais-je ?

      Ce n’est pas le niveau de l’emprunt qui est variable, mais celui des intérêts. Cela depuis que les banquiers ont "inventé" un moyen "magique" qui les débarrasse du défaut de paiement du mauvais payeur ; ils titrisent les prêts. Ce sont les fameux produits dérivés, les CDS ("l’arme financière de destruction massive" mise en place en premier par la JP Morgan et que toutes les banques ont adoptée).
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Credit...

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      • Toujours la faute des banques. 20 octobre 2011 02:26, par Kir

        Rectification (j’ai tapé trop vite) :

        lequel marché, in fine, doit donc financer la dette passée + la nouvelle dette = 4 milliards d’€.

        Il s’agit de 4 millions, bien sûr.

        Répondre à ce message

  • Toujours la faute des banques. 20 octobre 2011 01:45, par Kir

    Globalement d’accord avec votre analyse.

    Sauf là :

    (2) Tous.les États s’engagent vraiment dans une politique de dépenser moins et d’assainissement de leurs dettes avec certes plus d’impôts à la clé.

    D’une part l’impôt tue la croissance, et d’autre part nous sommes déjà le pays parmi les plus taxés. Ce n’est donc pas là qu’il faut chercher les solutions, mais dans la restructuration totale de l’État qui n’a cessé de se mêler de ce qui ne le concerne pas.

    L’État est garant du bien de la communauté, et non gérant. Il est grand temps que les Français le lui rappellent, car depuis plus de 30 ans il n’a cessé d’intervenir dans tous les domaines -du social à l’économie, et j’en passe- et de perturber tous les mécanismes d’équilibre, avec toutes les corruptions et passes-droits que cela entraine.

    Que l’État rentre dans ses strictes fonctions régaliennes, qu’il rende leur liberté aux Français, qu’il cesse de les déresponsabiliser en leur laissant croire que "l’État est la solution", alors qu’il est le problème.

    Il faut donc commencer par le commencement : revoir toutes les dépenses qui ne rentrent pas dans le strict rôle d’un état.

    Se poser les vraies questions : les services rendus sont-ils équivalents à ce qu’ils coûtent aux contribuables ? etc.

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