Et pourtant ! Moi le ’Patos’, c’est cette Algérie là que j’ai connu. Rien que celle là. Des petites gens du bled, des Mohamed des Eaux et Forêts, des Ali et Mohand, des barrages d’irrigation, des petits fonctionnaires Pieds Noirs ou Métros, des gens des services publics. Celle des Facteurs, des Conducteurs de Car de la TRA, celle des Gaziers et Electriciens d’Algérie, celle des Chemins de Fer, celle des Instituteurs, des Enseignants qui se faisaient assassiner comme à Tighanimine, celle de mes Compagnons du Contingent qui les remplaçaient, celle des Petits "Colons" qui nous invitaient chez eux à leur table, qui ont aussi été assassiné, ceux qui nous ont expédié des cageots d’oranges et de dattes en Métropole lorsque nous avons été rapatriés, ceux qui sont toujours en vie et aussi heureux de nous revoir lorsque nous les retrouvons chez nous dans nos Provinces, de ces colons qui soit disant à certains, ne leur donnait pas la flotte nécessaire pour mettre dans leur verre d’anisette. Ceux qui m’ont soigné quand l’Armée n’était pas foutue de le faire. Celui qui m’avait promis sa fille que j’ai perdue... que j’ai perdue... un jour de mois de juillet et après un 19 mars.
De ces enfants de petites Gens qui malheureux et aigris nous foutent tous dans le même sac tendant à ignorer que pour certains d’entre nous, pour d’autres raisons, nous sommes aussi malheureux qu’eux ! Nous les Métros.
Cinquante trois années après mes vingt deux ans, je suis fatigué de lire et d’entendre, j’allais dire... des conneries !
Guil Le Vinec
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