La scène du crime se situe au 17e étage d’un gratte-ciel de New York, où Bernard Madoff a conçu la plus coûteuse escroquerie de l’histoire de Wall Street mais c’est à Palm Beach, en Floride, que cette fraude est ressentie le plus cruellement, comme la trahison d’un ami
Le courtier américain de 70 ans, accusé d’avoir monté une gigantesque fraude pyramidale de 50 milliards de dollars, vivait une partie de l’année dans ce paradis pour millionnaires de Floride (sud-est).
Cet ancien maître-nageur de Long Island
“La communauté est sous le choc. Personne n’imaginait que quelqu’un comme lui puisse faire cela à ses amis”, explique Carlos Carraca, un habitant de l’île, ajoutant que personne ne parle d’autre chose à Palm Beach.
“Beaucoup de familles ont été ruinées, certains ont tout perdu, des millions”, ajoute-t-il.
Les retombées de sa gigantesque escroquerie s’étendent bien au-delà de Wall Street, frappant des investisseurs et les actionnaires des principales banques européennes, dont la française BNP Paribas, qui pourrait perdre potentiellement 350 millions d’euros. .
Les investisseurs de Palm Beach étaient pour beaucoup des proches de M. Madoff et ont le sentiment d’être trahis par un ami.
“C’est un des leurs qui les a trahis,” souligne Laurence Leamer, auteur d’un livre à paraître intitulé “Madness Under the Royal Palms”, sur les nababs de Palm Beach.
L’arrrestation du courtier a aussi semé le trouble au sein des oeuvres caritatives juives, inquiètes de voir se tarir les dons des victimes de la fraude… et ceux de Madoff lui-même qui leur dispensait abondamment ses largesses.
Norman Braman, PDG de Braman Motors à Miami, confie avoir investi dans des fonds de Bernard Madoff, comme beaucoup d’autres personnes grugées.
Ainsi, les courtiers de Wall Street l’appelaient le “bon du Trésor juif” tant il était considéré comme un investisseur prudent, offrant des retours sur investissements peu élevés mais aussi sûrs que les bons du Trésor américain…
Il bénéficiait aussi de son aura d’ancien patron du Nasdaq.
“Ma situation, mon style de vie (…) ne vont pas être modifiés,” assure M. Braman. “Mais pour les gens qu’il a détruits, les veuves, les retraités, c’est une véritable tragédie”, s’exclame-t-il, refusant de dire combien lui-même a perdu.
* Source : Daily News
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