Ce procès, en réalité, met en exergue deux souffrances.
L’une d’un orphelin qui a perdu un père, l’autre d’une communauté qui a aussi perdu un père, une mère, quelquefois les deux, ou encore un frère, une sœur ou plusieurs membres de sa famille.
Les deux souffrances sont légitimes - qu’elles que soient les circonstances, un deuil laisse toujours une cicatrice profonde - elles sont proches de par le terrain où elles ont pris naissance, et la nature violente de l’atmosphère de l’époque. Une guerre ne se fait jamais dans la dentelle et sème des larmes et du sang.
Là où elles diffèrent, c’est dans la manière de les gérer, les assumer.
L’un, l’orphelin, semble vouloir continuer une sorte de combat par un ressentiment contre l’autre, victime et orpheline elle aussi, alors que les responsables de la mort du père ont été jugés et l’ont payé de leur vie.
L’un peut se recueillir sur la tombe du père aimé, alors que l’autre a tout perdu, y compris parfois la trace de l’aimé "déclaré disparu", ses tombes, ses repères, son entourage familier, son mode de vie... tout.
L’un amalgame des combats du passé, tente d’emprisonner la pensée et de priver l’autre de sa liberté de conscience et de recueillement en venant systématiquement perturber chaque rassemblement que l’autre voudrait apaisé et recueilli, sans publicité autre que celle de la communauté, dans la dignité et le souvenir des morts.
Bien triste tragédie...
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