Quel bilan peut-on tirer des trois semaines de guerre à Gaza ?
Israël a atteint l’essentiel de ses objectifs militaires. Il s’agissait d’empêcher la reconstitution des stock de roquettes que le Hamas tire sur les villes du sud du pays. D’après les chiffres dont nous disposons, le Hamas n’aurait plus qu’environ le tiers des munitions qu’il possédait au début du conflit.
Les Israéliens ont détruit 1200 roquettes et le Hamas en a tiré 600, soit un total de 1.800 à rapporter aux 2000 à 3000 que le mouvement islamiste avait dans son arsenal il y a trois semaines.
Du point de vue militaire, le Hamas est étranglé et il a dû accepter un cessez-le-feu afin de conserver une partie de son arsenal qui lui permet de continuer à exister militairement.
Par ailleurs, Israël a sans doute détruit 80% des tunnels qui servent à la contrebande d’armes entre l’Egypte et Gaza. Surtout, l’Etat hébreu a obtenu des garanties américaines, européennes et égyptiennes pour le contrôle de la frontière avec Gaza afin de s’assurer que le Hamas ne pourra pas reconstituer ses stocks de roquettes. La surveillance maritime sera renforcée et une force internationale pourrait éventuellement être déployée le long de la frontière entre la bande de Gaza et l’Egypte (côté Gaza).
Enfin, l’armée israélienne a tué environ 500 combattants du Hamas, auxquels il faut ajouter une centaine de combattants d’autres mouvements comme le Djihad islamique. Tsahal a également capturés 130 combattants palestiniens.
Que pensez-vous des cris de victoire du Hamas ?
Au delà de la rhétorique habituelle, le Hamas sort politiquement renforcé. Certes, il y a une grande confusion dans l’opinion publique palestinienne, mais une chose est sûre : le Fatah de Mahmoud Abbas est décrédibilisé.
Le Hamas va désormais essayer de s’implanter en Cisjordanie. En cas d’élections « ouvertes », une victoire du Hamas est plus que probable.
Retour sur ce conflit avec Pierre Razoux, historien français et auteur de « Tsahal, nouvelle histoire de l’armée israélienne » (Tempus, Perrin, nouvelle édition 2008)- Responsable de recherches, chargé du Proche-Orient, au Collège de Défense de l’Otan, à Rome, il s’exprime ici à titre personnel. (Recueilli par JDM /Secret Défense .blogs.libération
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