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Juillet 62 : Ils arrivent !!

Publié le samedi 4 août 2007, par Jean Claude THIODET. - Lecture pendant 7 jours. Abonnez-vous !
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Ce document tiré du N° 42 de septembre 1962 de RALLYE m’a été communiqué par Marc MELIS, authentique SARDE né à Constantine en 1956. A la suite d’un grave épisode de santé, Marc a jeté sa soutane (...)




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15 Messages de forum

  • Juillet 62 : Ils arrivent !! 4 août 2007 17:36

    Excellent ce reportage, Chibani, comme toujours.

    Mais ce qui "coince" à mon avis, c’est que ces documents, ces articles, même 45 ans après sont encore d’actualité ! c’est çà qui est grave ! non ?

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    • Juillet 62 : Ils arrivent !! 4 août 2007 18:43, par Annick

      Ce reportage fait remonter bien des souvenirs.

      Fin Juin 62, j’aurai 13 ans en juillet, et la directrice du lycée de Nevers - ville où nous avons échoué- propose de me faire rentrer pour les derniers jours avant les vacances, histoire de connaître mes futures camarades de classe.

      J’arrive donc en classe de 4e, dûment "préparée" par ma mère qui avait le sentiment qu’en France, forcément tout était mieux que chez nous, et que je risquais donc de me trouver un peu décalée, un peu moins "à la hauteur", malgré un très bon dossier scolaire à Bône.

      La première réflexion des lycéennes de ma classe fut : "C’est bizarre, tu viens d’Afrique mais tu n’es pas noire !" (Sic !)

      Toutes les recommandations maternelles se sont évanouies sur l’instant, dans un sacré fou-rire.

      C’était ça les "cracs" français ! Incapables seulement de savoir où se trouvait l’Algérie, et la confondant à l’occasion avec la Tunisie, le Maroc (pour les meilleurs) ou même
      l’Afrique subsaharienne.

      Pour mémoire, à l’époque, on étudiait les différents continents en classe de 5e. Visiblement, ça n’avait pas donné grand chose.

      Quant à dire que rien n’a vraiment changé dans nos relations avec les métropolitains, je ne le ressens pas comme ça. Ils n’ont plus la même approche qu’au début, conscients de la désinformation et du "matraquage" dont on les a gavés à notre encontre. Certains en sont d’ailleurs scandalisés, comme ma belle-famille (des Bretons AOC de Morlaix).

      Ce qui est plus notable, vient de nous, je crois. De notre esprit de "clan", de notre bonheur de reconnaître un compatriote, parce que cette terre nous l’avons collée à nos souliers, nous en sommes imprégnés, même si nous l’avons quittée nourrisson.

      "Terre magique où les Dieux chantent dans le vent", disait Camus.

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      • Juillet 62 : Ils arrivent !! 4 août 2007 19:31

        Oui, Annick, tu as en partie raison, mais il n’empêche que lorsque je suis arrivée dans la petite ville où je suis actuellement il y a 18 mois, ma voisine me dit "vous venez d’Algérie, c’est bizarre vous n’êtes pas typée"....

        Mais parfois, je me dis aussi, que c’est un peu vrai cette façon de faire ce que tu appelles des "clans". Et mon beau-père disait toujours : "je n’y vais presque pas chez eux (donc chez moi) c’est un clan"....

        Heureusement mon époux ne le ressent pas de la même façon...et au contraire, lui disait "quand je suis entrée dans la famille de mon épouse, j’ai été accueilli comme un des fils de la maison, et considéré comme tel".

        Alors, on peut se poser la question : sommes-nous tenus à l’écart ? ou bien est-ce nous qui nous tenons volontairement à l’écart ?

        Quelques pieds-noirs aussi, un peu voyants, un peu bruyants, y ont peut-être aussi contribué, qui sait ?

        GG

        (je n’avais pas signé le 1er commentaire, je signe le second)

        Répondre à ce message

        • Juillet 62 : Ils arrivent !! 5 août 2007 00:20

          Oh ! mais GG, toi c’est ta voisine, moi c’est Enrico Macias qui m’a dit ça !

          Nous étions allés le voir en 66 ou 67, je sais plus, et après le spectacle je vais à la séance d’autographes.
          Je lui dis que je suis bônoise, et que j’habitais Bayard, un petit bled près de jemmapes.
          Jemmapes où sa soeur était l’institutrice de deux de mes soeurs.

          Il me regarde, étonné, et me dit : "Toi, tu viens d’Algérie ? de jemmapes ? Pas possible ! ça se voit pas ! Ti’as pas le type !" J’étais mortifiée, comme on dit à Bône !

          Chuis jamais retournée à aucun de ses spectacles. Par contre, je l’ai revu plusieurs fois, passager sur les vols, et il me reconnaissait tout le temps ; ça avait dû le marquer :-)

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      • Juillet 62 : Ils arrivent !! (Sie commen !) 5 août 2007 15:01, par Coat

        Dites-moi voir, les copines ! A part de ne pas avoir perdu le coin de bled qui m’a vu naître, j’ai connu avec les miens un petit peu de ce que vous ressentez. Tout d’abord, Annick, Morlaix ça n’est pas loin de chez moi… il y a tout plein de bretons qui ont du un certain temps immigrer afin de trouver du boulot ailleurs, et qui ont pu pouvoir s’établir avant de retourner chez eux, oh !, moins nombreux qu’on le croit, car ceux qui restaient, les moins courageux pour foutre le camp avait pris leur place et occupaient maisons et terres. Je ne veux plus passer devant ‘chez moi’ là-bas. La dernière fois j’ai récupérer mon chagrin un trop long moment après, même si des anglais, nos ennemis héréditaires avaient bien retapé le domaine. Pendant la guerre, nous avions vu venir du Nord des Picard, des Belges, des Lorrains, des Alsaciens qui avaient craint la venue des teutons et nous avions accueillis ces gens malheureux sans penser qu’un jour nous aussi on aurait du émigrer en région parisienne car la guerre avait ruiné la famille. En 1944, le 5 juin au soir, nous avons été délivré par les parachutistes français et les maquis FTP (des communistes) et les boches n’ont pas pardonné cette outrecuidance… sans compter qu’en 1940, nous avion déjà goûté à l’exode, enfuis par les routes qui menaient vers le sud et passant par un bled où l’on devait payer la flotte vendue et livrée dans les citernes agricoles, les nantis de familles de riches se payaient des tasses de chocolat au lait avec des biscuits au beurre distribués par de belles dames d’une organisation à laquelle ils peuvent aller se faire voir lorsque actuellement encore, on vous colle un papillon à croix xxxxx sur le revers du veston à condition de leur donner vos ‘gouennecs’ (monnaie armoricaine) !

        En banlieue parisienne, nous autr’s les mômes, avons du nous faire une place parmi les titis, ça n’a pas été sans mal car comme vous avez pu le constater vous-même après 1962, les cons de toutes sociétés ne se planquent pas derrière les portes pour obtenir leurs merdailles et leur diplôme… et ça, ça ne se traite pas à la bouillie bordelaise ! Le chauvinisme non plus... des cracs, il n’y en a pas que chez vous, chez nous aussi et des cons il y en a partout !

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        • Juillet 62 : Ils arrivent !! (Sie commen !) 5 août 2007 16:49, par Annick

          Tu as raison, Coat, de défendre les Bretons. J’ai une grande tendresse pour eux !
          Mes fils le sont à moitié.

          Ce que tu dis, mes beaux-parents l’ont subi aussi, et eux aussi se sont retrouvés en région parisienne, ne retournant au pays (à Taulé exactement) que pour leur retraite.
          Ils sont ma famille, et des liens très forts nous unissent, que rien n’a jamais altéré.
          En vérité, je trouve qu’il y a beaucoup de similitude entre un Breton et un PN.

          Au fil du temps, il est évident que parmi mes amis, beaucoup sont métropolitains, et que ces images que l’on colle à telle ou telle région -ou pays- sont très "primaires".
          Il y a de tout partout, c’est certain.

          Mais en Algérie, en tout cas dans ma région, l’opinion était qu’en France tout était mieux, plus beau, meilleur que chez nous. Nous pensions qu’en regard des métropolitains, nous étions des "boujadis" (qu’on peut traduire par : ploucs)

          Et j’ai été ravie de voir qu’ils n’étaient pas plus cracs que je ne l’étais, pas tels qu’on le croyait. La concurrence serait donc moins rude qu’annoncée par les dires maternels ;-)

          .

          Répondre à ce message

        • Pour Coat : Voir dans BIBLIOGRAPHIE (pieds-noirs.info)le petit bouquin que j’ai inséré , écrit par Michel ASSICOT de TREBEURDEN (cote d’Armor) Mon algerie : correspondance familiale d’un médecin appelé en Algérie : 1957/1960. Chibani

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  • Juillet 62 : Ils arrivent !! 4 août 2007 22:04

    juillet 1962, c’était hier ! comme le dit si bien Coat .

    Je suis rentrée avec ma jeune sœur en France et pour la première fois je me séparais de mes parents, après une attente de 6 jours à l’aéroport de La Senia (on dormait sur les pelouses).

    A Lyon de jeunes scouts nous ont aidées. Mais quelle approche voulez-vous avoir quand vous êtes complètement déboussolée, voire prise de panique ?

    Et puis on vous met dans un centre d’accueil avec d’autres pieds-noirs qui sont eux-même tellement angoissés qu’ils ne vous voient pas et ne voient pas la détresse de deux enfants de 12 et 17 ans que nous sommes ! Ils nous ignorent totalement et nous sommes perdues sans nos parents.

    Dois-je juger leur comportement ? Il y a eu des français qui nous ont bien accueillis. Et aujourd’hui je les remercie. Je veux parler d’une famille de savoyards dont la gentillesse n’avait d’égal que notre désespoir. Je veux parler de deux jeunes marseillais en vacances dans ce village qui nous ont adoptés tout de suite et pour qui j’ai une grande tendresse et de cette courte période je conserve un souvenir inoubliable.

    Plus tard, avons-nous fait un clan ? surement oui ! Mais les fourmis le font, les ours aussi ou même les chiens ! et nous étions un peu d’eux tous à la fois.

    Un animal blessé cherche-t-il la compagnie d’autres espèces ? surement non ! Il ne le fait que lorsqu’il se sent en position de force et près à faire face. Et je crois que nous avons fait pareil.

    Ne cherchons pas à savoir si nous étions plus bruyants que d’autres . J’ai aimé Marseille pour les Marseillais parce qu’ils nous ressemblaient. Ils parlaient fort et avec les mains aussi. J’ai détesté Perpignan parce que jamais je n’ai été admise dans un groupe à part les heures de travail partagées au central téléphonique. Ils faisaient des clans eux aussi. C’est en tous cas ce que je pensais à l’époque.

    Chibani tu as réveillé en moi des souvenirs qui sommeillaient. Pourra-t-on jamais oublié ?

    danièle

    Voir en ligne : entre rires et larmes

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  • Juillet 62 : Ils arrivent !! 9 août 2007 19:33, par Lire et Voir

    Je tiens à remercier mon ami Jean Claude, pour son article ! Comme toujours il est très bon !

    Je tiens à vous signaler que je n’ai pas connu ce problème car ma classe à Montpellier était un français, un espagnol et bien sur 25 pieds noirs et un maitre d’ecole Pied Noir !

    Cordialement

    Le bouquiniste

    Marc Melis

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