Nous avons fait partie, comme la plupart d’entre nous, de ceux qui ont débarqué avec une valise. Papa était parti en décembre 1961, chez une de ses cousines afin de trouver du travail comme éléctricien et de justifier d’un salaire et d’un hébergement afin que nous ne soyons pas comme beaucoup de pieds-noirs également parkés dans des baraquements car les pieds noirs eux aussi certains ont été parkés en attendant un relogement qui quelquefois a duré des dizaines d"années ( recasement de BRON).
A notre arrivée,un mois plus tard (Maman et les enfants après avoir voyagé dans les cales du bateau), sur le quai de Marseille.Papa est venu nous chercher non sans de grandes difficultés pour nous récupérer. Il devait prouver qu’il justifiait d’un hébergement et d’un travail car autrement on l’emprisonnait, on lui avait déjà mis les menottes aux poignets.
Bien sûr, il y avait des associations comme la Croix Rouge qui essayaient d’aider tous ces malheureux dépatriés , mais je me souviens que des marseillais nous abrogeaient d’insultes et celà à continuer sur Lyon ou nous étions hébergés, dansun premier temps.
Quelques mois plus tard, un appartement a été réquisitionné pour loger toute la famille avec enfants en bâs âge, on nous avait donné de vieux meubles (je me souviens même d’une Télé qu’il fallait faire marcher avec des pièces) pour nous c’était inespéré. Puis , un appartement nous a été attribué dans une cité ainsi que beaucoup des nôtres- nous étions entre nous et celà se passait très bien pourtant c’était une cité.Mes parents ont passé souvent des nuits blanches sursautant au moindre bruit. C’était un hiver rigoureux et c’était la première fois que je voyais la neige ;j avais 10 ans.
Mais des membres de notre famille n’ont pa eu cette chance et ont été massacrés : c’étaient des civils.
Papa à force de travail s’est fait par la suite une petite situation et nous avons pû quitter cette cité de notre enfance.
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