Qui peut douter encore que De Gaulle avait traité avec le FLN et cela dès la fin de 1955 ? Quand je vois les grandes discussions sur ses états d’âme , sur ceux qu’il détestait (les Pns) ou méprisait ( les Arabes), ainsi que sur ce qui l’a fait soi-disant changer d’avis vers la mi 59, cela me fait tordre de rire. Dès le début, il est décidé à installer le FLN au pouvoir , et parmi eux la faction la plus militaire, la moins politique, les colonels d’Oujda et leur homme : Ben Bella. Et il le dit à quelques uns , qui l’ont répété. Qu’il ait dans la tête, l’illusion de maintenir un droit sur le pétrole, c’est possible , et cela prouve son incompétence, car comment l’Etat Algérien indépendant aurait-il pu accepté un droit de regard sur 98 % de son revenu ? Sa fameuse Communauté basée sur la Cooperation avec les Etats Africains a été aussi une belle chimère. Mais son but essentiel, c’était de revenir au pouvoir, "aux affaires", à n’importe quel prix. Il se considérait comme un Roi détroné et il était prêt à tout pour "rétablir sa légitimité". Et pour cela , il lui fallait empêcher toute négociation entre les gouvernements de la 4e et le FLN. L’insurrection algérienne était sa dernière chance. Tant qu’on ne comprendra pas cela, on ne saisira pas la trame du drame : l’affaire du Bazooka, les tomates de Guy Mollet,le coup de Sakiet, où apparait régulièrement le clan gaulliste implanté à Alger et renforcé au besoin, avant le 13 mai 58, puis l’affaire Si Salah, et tout le reste qui s’éclaire. En Français normal, cela s’appelle de la trahison pure et simple, et si nous avions eu un Clemenceau à la place de René Coty, De Gaulle se serait retrouvé au falot, car nous étions en guerre.
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