Média d'infos géré par des PN et lisible par tout le monde. Sujets d'actualités et spécifiques à la communauté PN & HARKIS.
le : 25.05.2012


Emission "Riposte" de samedi dernier

Publié le vendredi 14 décembre 2007, par Kir. - Lecture pendant 7 jours. Abonnez-vous !
Contacter Kir - Ses autres articles

Partager
envoyer l'article par mail Envoyer par mail aux amis
Créer/Voir en PDF Enregistrer au format PDF
 
France - Algérie : les cicatrices de l’histoire Avec les interventions d’Enrico Macias, Gisèle Halimi, Marc Ferro, Slimane Zeghidour et Bernard Coll. Serge Moati reste semblable à lui-même, (...)




Pour lire l'intégralité de cet article - vous devez être abonné(e) à NotreJournal
Cet abonnement vous permet d'accèder à toutes les parties du site de NotreJournal.


Votre concours est essentiel à la pérénité de ce site - Aidez-nous à maintenir l'expression de nos réalités - Cliquez ici pour VOUS ABONNER ou en savoir + !
Améliorez NJ - Notez cet article !
Prochainement un système de notation amélioré (prise en compte des + et des -) des articles vous sera proposé !

Voir en ligne : France - Algérie : les cicatrices de l’histoire

France - Algérie : les cicatrices de l'histoire

16 Messages de forum

  • Emission "Riposte" de samedi dernier 16 décembre 2007 13:08

    ma chère Kir,

    que pouvais-tu attendre de mieux ?
    tu avais sur le plateau des arabes et des juifs-arabes !
    Si, avec ces gens-là , j’ai nommé :

    - serge -henri- Moati juif tunisien pro-arabe (filmographie engagée)

    - la gisèle Halimi juive-arabe tunisienne qui a avoué avoir été élevée comme les arabes, elle n’a jamais compté dans une famille où les femmes ne comptaient pas ! Elle s’est donnée pour mission de défendre les femmes (arabes) pour qui elle a la plus grande affection ! (voir son pedigree pro-fln).

    tu espérais que Coll ou un autre fut-il Le Pen puisse nous défendre .... c’était loupé d’avance !

    Il faut savoir choisir et occulter ce genre d’émissions qui ne peuvent que nous laisser un goût encore plus amer qu’avant .... et dieu sait que nous devenons amers, à force !!!!

    tatie

    Répondre à ce message

    • Emission "Riposte" de samedi dernier 16 décembre 2007 19:36, par Bertrand

      Un brin racistes tes propos, Tatie.

      Tu sais, l’AFN c’était comme sur le plateau de la télé : il y avait des Juifs, des Arabes et même des Français de toutes origines et de toutes opinions politiques. Et puis un mec là haut, Monsieur Métropole, qui dirigeait le débat et qui coupait la parole quand ça l’arrangeait.

      Pour compléter ton tableau de chasse, tu devrais rajouter Enrico, Juif Arabe de Constantine et Bernard Coll qui a épousé une fille issue d’une famille où les femmes ne comptaient pas selon tes dires.

      Tu dois être bien jeune Tatie parce que je n’ai jamais entendu ma grand mère Italienne s’élever contre les choix politiques de ses fils contraires à ses idées et la grand mère Espagnole de ma Boufarikoise n’avait pas non plus droit à la parole devant son Mahonais de mari, Français d’Algérie.

      Ah oui ! Je suis aussi un peu juif par une AGM, Annamite par une GM et Italien par l’autre, Algérien et Tunisien aussi par la naissance de quelques uns des miens dont moi.

      Mais tout ça, ça fait d’excellents Français et je suis content de ne pas faire partie de ceux qui se sentent de race pure et supérieure.

      (Modère-moi chef. J’ai la colère quand je lis de telles conneries, mais fais parvenir mon message à Tatie.)

      Répondre à ce message

      • Emission "Riposte" de samedi dernier 16 décembre 2007 20:42

        Ne te méprends pas Bertrand !

        c’est la Halimi qui a dit que "les femmes ne comptaient pas" - je ferai publier par ton chef l’interview qu’elle a donnée où elle l’avoue !

        quant à Moati je précise bien "juif arabe et pro arabe " ! !! Et oui , il l’est , ne t’en déplaise ! Va voir tous ses reportages et tous ses films

        et je ne suis pas , non plus , d’une race pure ni aryenne mais je déplore que ce soit une majorité des juifs algériens ou tunisiens qui les défendent toujours !

        Si la connerie te débecte, alors reconnais que le seul à avoir essayé d’en placer une pour nous défendre a été l’époux d’une fille de Harki qui, eux ne nous trahissent pas !

        si tu ne peux pas le reconnaitre et que tu ne vois là que du racisme, alors excuse-moi, tu fais partie aussi de ceux dont la connerie n’a pas de limite !

        tatie

        Répondre à ce message

    • Emission "Riposte" de samedi dernier 22 avril 2008 18:17, par Jean Claude Thiodet

      Tatie Dadnièle:J’arrive longtemps après la bataille mais tant pis .Vous avez tous un peu raison, et moi aussi (d’ailleurs). Mais je crois qu’il faut regarder ce genre d’émission, ne serait-ce que pour ne pas oublier !! Et puis on le doit à un Bernard COLL et à une Titraoui qui eux continuent à s’engager, sans s’honorer de huit mille adhérents (comme certains autres que je ne nommerai pas ! Ils se reconnaitront) et sans ramasser leurs huit mille cotisations !! Bernard et Titraoui, eux, sont des gagne petit, mais ils sont toujours là, et c’est, je le répète, les honorer que d’être devant nos écrans de télé lorsqu’on sait qu’ils vont intervenir.

      Quant à MOATI ; la messe est dite !! Chibani !

      Répondre à ce message

  • Emission "Riposte" de samedi dernier 17 décembre 2007 09:41, par Marc MORA

    Vous me mettez tous dans une situation délicate !!

    J’ai pour chacun de vous de l’estime et une énorme sympathie. Bien sûr je sais que vos sensibilités commencent et finissent à des endroits très différents.

    C’est d’ailleurs cette diversité qui me parait essentielle pour notre santé mentale à tous !!

    De grâce étripez-vous poliment quand c’est public !! Surtout sur des sujets chauds tels qu’évoqués par ce type d’article.

    Vous savez très bien (je connais vos intelligences !) que chacun de nous détient une part de vérité ! Merci pour tous !!

    Répondre à ce message

    • Emission "Riposte" de samedi dernier 17 décembre 2007 10:53

      Mais bien sûr ! il faut bien reconnaitre que MOATI, incontestablement juif-arabe, ou au moins seffarrade originaire de BERBERIE probablement francisé par Cremieux (peut-être me trompè-je : manarfège !) a parfaitement choisi ses invités.

      En mettant Gisèle Halimi, juive tunisienne, virulente défenderesse de la rébellion algérienne, et des Djamila de tous poils, et Enrico Macias, libéral en Algérie, mais honnête vis à vis de la France, probablement "tourné" par l’assassinat de "tonton Raymond", il a élégamment noyé le poisson.

      Quant à Bernard Coll dont la position ne peut laisser aucun doute, il a été parfait, et l’aurait été plus encore, si Halimi qui se considère tout permis, et surtout de couper la parole de ses interlocuteurs pour les empêcher de s’exprimer l’avait laissé développer son argumentation.

      Et sa femme, pour parler d’elle comme le fait Bertrand, il faut croire qu’il ne la connait absolument pas.

      Pour moi, elle est remarquable !

      Chibani

      Répondre à ce message

      • Emission "Riposte" de samedi dernier 17 décembre 2007 13:35, par Bertrand

        On dirait que vous venez de découvrir la télé ! Les débats y ont toujours été pipés et de tous temps, seul le présentateur les a dirigés.

        Merde ! Souvenez-vous. Le général Guigoz les bras en croix, jurant que l’Algérie serait toujours française. ET nous, comme de C....itoyens, l’acclamant.

        Si je n’avais pas rencontré (et estimé) Taoues, je n’y aurais pas fait allusion.

        Ce qui me gêne, c’est l’amalgame et l’anathème.

        Je suis juif tunisien d’origine arabe mais Gisèle halimi est loin de ressembler à mes soeurs et Taoues ne mérite pas qu’on l’insulte pour ses origines arabes.

        Je me suis fait un jour traduire une chanson en hollof dont les seuls mots que je comprenais, c’était Savon OMO .

        Cette chanson racontait l’histoire d’un Africain, un Black comme on dit aujourd’hui, qui se lavait la figure tous les matins au marigot avec un paquet d’OMO et s’étonnait que, malgré la pub, OMO ne lavait pas si blanc que ça.

        Coluche était même pas né !!

        C’était en 1966 et j’habitais, non, je squattais, un coin du bar des colonies, rue des Petites Maries à Marseille.

        Répondre à ce message

    • Emission "Riposte" de samedi dernier 17 décembre 2007 18:28, par jean-claude Chouard

      Voilà qui s’appelle ménager la chèvre et le chou ...
      J’ai l’impression d’assister , 50 ans après , à la suite du dialogue de sourds qui prévalait alors sur le terrain ... J’ai l’impression de rajeunir !!
      choirzy

      Répondre à ce message

  • Emission "Riposte" de samedi dernier 17 décembre 2007 20:35, par Pointvert

    Je me suis senti tellement proche de Coll, et, voyant dès le départ le message qu’il voulait transmettre, je n’avait d’yeux que pour lui.

    J’avais raison de ne vouloir rater aucun de ses propos, qu’il a d’ailleurs réussi à placer malgré l’impolitesse et l’adversité de l’animateur : le monde sait maintenant, chiffres à l’appui, que les Algériens morts pour une Algérie occidentale avec nos compatriotes de souche européenne sont plus nombreux que ceux qui sont morts pour l’Algérie arabo-musulmane du FLN, de Nasser et des Anglo-Saxons.

    Répondre à ce message

    • Emission "Riposte" de samedi dernier 18 décembre 2007 14:30, par Coat

      Fermez la ! Je suis triste de lire vos conneries moi qui suis aryen, celte, Breton donc de sale race, mais aux yeux de cochon et cheveux noirs et qui a couché avec un de mes meilleurs copains d’école Juif, chez mes Parents quand j’avais 9 ans, afin de le cacher pour qu’il ne parte pas dans un camp nazi lors des raffles contre sa communauté. Avec ma soeur, dormait auprès d’elle sa copine Taddéa. Alors... que pouvez vous rapporter de plus ? Arrêtez de vous bouffer le nez. Bertrand, mon Ami mon Frère, ne te fais pas du mauvais sang, à Marseille... je connaisais bien la Rue Tubano. J’y avais des copines et il y avait même des... Ah ! Les Rues de Marseilles !

      Répondre à ce message

      • Emission "Riposte" de samedi dernier 18 décembre 2007 15:56

        Coat, je trouve ton intervention excellente, nous sommes tous issus de "mélanges", et les pieds-noirs le sont encore plus que les autres.

        Quant à ce "détail" que tu donnes, et qui est loin d’être juste un détail : tes parents cachaient des enfants juifs pendant la guerre afin qu’ils ne soient pas pris dans les rafles des nazis, je dois dire que j’ai toujours été admirative de ces Français qui ont osé le faire au péril de leur vie et de celle de leur famille.

        Je me suis souvent demandé si j’aurais été capable d’en faire autant, et je n’ai pas trouvé de réponse. BRAVO !!!

        Je pense que tu as su mettre un terme à ces "conneries" comme tu le dis si bien !

        GG

        Répondre à ce message

        • Emission "Riposte" de samedi dernier 18 décembre 2007 20:21, par Coat

          Oui GG. Mais à l’époque comme nous étions tous dans le même caca, nous ne pensions pas à ça, au danger, nous n’avons pas eu de médailles ni de diplomes, on s’en fout, c’est pas ça qui compte. Nous étions solidaires et essayons de nous en sortir en particulier mis à part les boches, trouver à manger. C’était notre hantise. On a trop reproché aux Métropolitains qui aussi sont partis pour beaucoup au loin, d’avoir été indifférents à tout un tas d’évènements. Nous autr’s, on sortais de cinq années d’occupation nazie, nos grands frères et soeurs continuaient la guerre en Extrème Orient comme les miens partis depuis 1942 engagés pour la durée de la guerre qui n’était pas finie, revenus en 1948 d’Indo, en 1955 de DDPhu malades comme pas un pour me voir repartir en 1956 et en remettre sur le tapis. La vie était dure quand je suis revenu en 1959. Alors pour nous, les évènements, c’était de trouver la croute de tous les jours. La seule consolation, le travail ne manquait pas et on s’en est sorti. Il faut arrêter de vous battre et en général avec des flingues même s’il y a tout ce qu’il faut maintenant en plus des flingues et y en a marre des trucs qui pêtent. Moi mes blessures, qu’elles soient aux fesses, à un de mes bras, dans la tête et dans le coeur, car là aussi j’ai morflé... et de ça, je n’en guérirais jamais. Mais basta nom de d’Zeus !

          Répondre à ce message

      • Emission "Riposte" de samedi dernier 18 décembre 2007 20:30, par Bertrand

        Pour toi d’abord Guy, mon frère et compatriote du seul coin de France où je me senti chez moi,

        Pour ceux qui n’ont pas vraiment connu le monde dans lequel ils sont nés,

        Un conte de Noël tel que le raconte un de mes petits frères.

        Inutile de dire que moi aussi, j’aimerais bien ouvrir la porte la semaine prochaine et revoir Muguette que j’ai follement aimé pendant des années.

        La connerie des hommes nous a séparés.

        Chaque année, à la même date, un mystérieux visiteur venait frapper à notre porte. Tout autant que la crèche et le « pin » décoré, c’était pour nous le signe que la nuit de Noël approchait.

        Chaque année, ce petit monsieur élégant, à l’allure un peu étrange et à l’accent insolite, apparaissait, les bras chargés de cadeaux. Ma mère venait ouvrir la lourde porte de l’entrée et le vent s’engouffrait dans le couloir, un vent d’hiver aux odeurs de pierre mouillée. « Tiens ? Monsieur Bittan ! s’écriait ma mère d’un ton faussement étonné, comment allez-vous, entrez, entrez, mon mari ne va pas tarder. » Quelques murmures confus. On devinait que le visiteur était accompagné de sa femme et d’une petite fille.

        Mon père arrivait bientôt du bureau, on échangeait des politesses, on faisait le bilan de l’année et le tour de la parenté. Puis Monsieur Bittan repartait avec sa petite famille, laissant, comme chaque année, un immense gâteau à la pâte d’amande, toujours le même, une boîte de chocolats fins et une bouteille de curaçao. Les pas s’éloignaient dans l’escalier de marbre blanc et s’évanouissaient bientôt dans les rumeurs de la rue.
        Qui était donc ce Monsieur Bittan, qu’on ne voyait qu’une fois par an, et qui ne semblait pas vraiment se soucier de la venue du Messie ? Les grands, comme toujours, s’en moquaient un peu en l’imitant, comme ils se moquaient de tout, mais ils n’en savaient guère plus que nous.

        Un jour pourtant, en plein milieu de l’année, mon père mit son plus beau costume et nous faussa compagnie, accompagné de ses deux aînés en habits du dimanche. Que voulait dire cette mystérieuse sortie ? Les grands, qui étaient toujours au courant de tout, m’apprirent que papa était l’invité d’honneur aux noces de Muguette, fille de Monsieur Bittan. Ainsi, mon père avait une double vie et fréquentait des familles que nous ne connaissions pas.

        Et c’est vrai que mon père connaissait beaucoup plus de monde que nous. L’été, lorsque nous nous promenions le long des Ports puniques, après le souper, presque tous les inconnus que nous croisions le saluaient chaleureusement. Et mon père répondait en français, en arabe, en sicilien ou en maltais, c’est-à-dire dans toutes les langues de la Terre.

        Les années passèrent. L’exil sépare les hommes qui s’aiment. Nous ne revîmes plus Monsieur Bittan. Puis mon père disparut à son tour. À partir de ce moment, la fête de Noël fut empreinte de nostalgie. Mais un jour, j’entendis soudain frapper à la porte de mes souvenirs. C’était l’après-midi du 24 décembre. Je percevais vaguement la voix timide de Monsieur Bittan, je sentais l’odeur de la pluie tunisienne, puis je suivais les pas qui s’éloignaient dans le crépuscule.
        Comme j’étais devenu grand, je cherchais à comprendre. Je me disais, avec émotion, que ces deux hommes devaient avoir vécu quelque chose d’extraordinaire pour faire preuve d’une si longue fidélité dans leur amitié. L’admiration que je ressentais pour mon père, mon héros, me faisait oublier l’amertume de Noël.

        L’histoire aurait pu s’arrêter là, si un de mes vieux oncles n’avait pas choisi, avant de mourir, de dévoiler un secret dont il restait l’unique dépositaire.
        « C’était pendant la guerre, ton père, de retour de la campagne de 1940, avait repris son poste d’agronome à l’Office du blé. Puis les troupes de Rommel, défaites en Libye et cernées de toute part, avaient reflué vers la Tunisie. Un jour, les Allemands donnèrent l’ordre de réquisitionner tous les chevaux appartenant aux Juifs. Pour le jeune meunier Bittan et sa famille, cela signifiait la ruine. Or, ton père s’était précipité à la minoterie, située à l’autre bout de la ville. »

        « Arrivé sur les lieux, il se mit à tambouriner au portail de l’entreprise en interpellant le fils du propriétaire :

        — Bittan ! Sors d’ici si tu es un homme ! J’en ai assez d’attendre, tu me dois de l’argent, alors paye tes dettes !


        Évidemment, tout le quartier fut ameuté. À une époque où la télévision était inconnue, personne n’aurait voulu manquer un tel spectacle, jusqu’aux boutiquiers qui fermèrent carrément leur échoppe pendant l’incident.

        — Bittan ! Cria ton père, si tu n’as pas d’argent pour me rembourser, je prends ton cheval en gage. »

        « Le lendemain, lorsque la police se présenta pour saisir la bête, ils apprirent qu’elle était devenue propriété d’un Chrétien. Une bonne centaine de témoins, qui s’étaient à nouveau attroupés, pouvait en jurer :
        — C’est le cheval de Monsieur Bouret, parole d’honneur, et il était très fâché !

        En réalité, le cheval est resté à la minoterie, puisque ton père l’avait loué à Monsieur Bittan jusqu’à la fin de la guerre pour la somme de un franc. »

        « Voilà toute l’histoire, conclut mon vieil oncle, ton père m’avait fait jurer de n’en parler à personne. Ta mère, qu’il épousa quelques mois plus tard, avant de repartir pour la guerre, n’en a jamais rien su. »

        Dans sa vie trop remplie, mon père n’a guère eu le temps de parler avec moi, et je ne crois pas lui avoir déclaré une seule fois que je l’aimais. Mais son regard franc et son éternel sourire m’avaient tout dit. Mon père, ce héros au sourire si doux.

        Inutile de dire que je partage le point de vue de mon petit frère

        Bertrand

        Répondre à ce message

        • Emission "Riposte" de samedi dernier 19 décembre 2007 07:00

          Bertrand.....j’en suis encore toute retournée, tu sais toujours dire les choses les plus simples avec les mots les plus justes.

          Tu sais toujours toucher le coeur de ceux qui vont lire.....

          Ta petite soeur d’El Eulma.

          Répondre à ce message

        • Emission "Riposte" de samedi dernier 19 décembre 2007 14:38, par Coat

          Moi aussi, j’ai comme un joli conte de Noël à raconter. J’aimerai tant que Pieds Noirs et Métros se reconnaissant comme étant des Frères, mais des vrais ! Ceci est tiré d’un ouvrage écrit pour mes Petits Enfants quand ils seront en âge de comprendre les choses de la Vie. Pour toi Bertrand, Edgard et tous les autres :

          Pierre et Thadéa la grande jeune fille

          Réfugiés en Région Parisienne, nous habitions à Saint Denis car en Bretagne, nous n’avions plus rien et la région devenait trop dangereuse. Dans la maison où nous habitions Rue du Port, avec une grande jeune fille dont le prénom était Thadéa, un garçon et une fille de mon âge logeaient dans une chambre de bonne au dessus de chez nous. Leurs parents habitaient l’Hôtel de l’Etoile d’Or situé en face de chez nous. Ils ne rendaient pour ainsi dire jamais visite à leurs enfants qui menaient une vie normale comme tous les enfants de notre quartier. Le temps passant, nous n’avons plus vu ces parents et il n’est resté dans la chambre de bonne de notre maison que la grande jeune fille et le garçon. De ce garçon, je ne me souviens plus de son prénom mais ce dont je me souviens, c’est que parfois il venait frapper à notre porte et mes parents le gardaient quelque temps même la nuit. Parfois il s’endormait avec moi dans ma chambre. La grande jeune fille venait alors le rechercher par la suite. J’avais appris que cette famille courait un grand danger car ils étaient Juifs ce qui ne représentait rien pour moi, étant donné mon âge, qui n’avait que des relations normales d’écolier et de jeux avec le garçon qui était devenu mon copain, jouer aux billes et au ballon dans la rue Basse du Port, aller ensemble au jardin familial, promener mon chien sur les bords de la Seine ou du Canal. Quelque temps avant la Libération, un couple est venu dans notre quartier et ce Monsieur et cette Dame se sont occupés du garçon et de sa grande soeur. En réalité, ces personnes étaient venues les chercher afin de les mettre en sécurité car ils risquaient bien entendu d’être inquiétés par la police allemande et ils partirent un jour si subitement que nous n’avons même pas pu nous dire au revoir. Je n’ai jamais su ce qu’ils sont devenus. Ma mère m’a confié par la suite que le couple étaient de nationalité Suisse, que ces gens parlaient bien allemand, ils avaient eu affaire à un contrôle de papiers devant la maison et s’étaient exprimés en allemand, que la famille entière avait rapatrié la Suisse où vivait une partie des leurs. Avant que notre maison soit démolie au début des année 1990 parce que vétuste, une inscription dans un cœur gravé dans le plâtre du mur de l’escalier rappelait encore : « … Pierre aime Thadéa… » Je sais qui est Pierre, et pour cause, il vit encore et s’approche tout doucement de ses quatre vingt deux ans.

          Le Train de la Gare de Marchandises

          Mon frère travaillait dans les Etablissements DEBAUER à la limite de Saint Denis et de la Courneuve. Dans les ateliers se traitaient divers produits chimiques. Il nous rapportait d’ailleurs parfois de la soude caustique en paillettes ce qui lui permettait de fabriquer du savon mais il fallait trouver de la graisse. Notre travail à nous les plus jeunes, était de récupérer de la graisse animale avec une épuisette à la sortie de l’égout collecteur qui venait des abattoirs de La Villette, qui sortait et sort encore dans la Seine près du pont de l’Ile Saint Denis, au bas du quai devant les anciens Chantiers de la Loire et de l’Atlantique. A l’époque, là se fabriquaient des torpilles pour la marine allemande, aux Chantiers Franco-belge à l’Ile Saint Denis se montaient des vedettes rapides qui une fois construites, étaient armées par ces torpilles livrées côté canal vers les écluses de la Briche. Mon Père avait trois jardins, Un devant l’endroit où se construisaient les vedettes allemandes, un autre à Dugny devant la base aérienne militaire 104 où se trouvaient basés les chasseurs allemands Messerschmitt et Foke Wulf et à Pleyel où se trouvaient les batteries de flak antiaériennes et les Drakens, les saucisses pour les barrages anti-aériens. Pourquoi trois jardins à ces endroits là ? Il fournissait des quantités de légumes à tout le quartier… mais un jour, des Mosquitos anglais détruisirent quelques vedettes nouvellement terminées. Avant quelques bombardements dans la région, certaines batteries de DCA étaient mitraillées peu avant l’intervention des bombardiers. Pourquoi les jardiniers amateurs de Dugny admiraient les évolutions d’entraînement des aviateurs allemands qui il faut l’avouer étaient des champions de la voltige aérienne ? Il est facile de deviner la raison. Les grands ateliers de Penhouët ou Chantiers de l’Atlantique où mon Père avait retrouvé du travail après sa retraite prise en 1948, fabriquèrent et mirent au point les moteurs du Paquebot France et sur la tourelle du char AMX 30, un canon fut étudié, fabriqué et monté. La graisse animale récupérée était traitée avec d’autres à la soude caustique, chauffée dans une vieille lessiveuse et versée dans des moules en bois. Le savon ainsi obtenu séchait et était débité en carrés comme le savon de Marseille. Il n’avait pas une très bonne odeur mais il ‘décrassait’. Mon frère donc devait aller à la gare de marchandise de Saint Denis récupérer les produits chimique qui étaient transportés par wagon pour son entreprise. Peu avant la Libération, le camion de sa société se trouvant à quai à fin de chargement, il eu la curiosité de jeter un œil du côté des voies ferrées car il entendait des cris et des gémissements et ce qu’il vit, il le raconta à mon Père lorsqu’il vint déjeuner le Midi du jour même :

          - J’ai vu une drôle de chose ce matin à la gare… derrière les quais de charge.
          - Ah oui ! Et quoi donc ?
          - Un train… avec des wagons de marchandises… à bestiaux quoi… et dedans enfermés il y avait des gens, debout, on les voyait à travers les lucarnes. Ils demandaient de l’eau… certains lançaient des bouts de papier qui tombaient sur les voie.
          -  Ils ont été ramassés ces papiers…
          -  J’en ai ramassé quelques-uns…
          -  Ces Gens… ont-ils pu boire ?
          -  Non car des allemands empêchait tout… ils gardaient le convoi, avaient l’air énervés et nous avons du nous dépêcher pour charger le camion.
          -  Je sais. On nous a signalé le départ d’un train chargé de prisonniers, résistants et autres qui est parti de Romainville ou Noisy le Sec ce matin et…

          En s’adressant à moi :

          -  …Guy, il est temps d’aller à l’école. Tu as vu l’heure ?

          Parfois du monde ‘passait’ à la maison et je ne m’étonnais plus de voir des inconnus ‘s’y reposer’… comme un certain Marcel C. qui m’avait aidé à faire mes devoirs d’école. Il va sans dire que mon père faisait partie de groupes discrets de la Résistance, à ce sujet il n’a jamais rien revendiqué préférant observer de loin les ‘résistants de la dernière heure’ se décorer entre eux. La Première Guerre Mondiale avec Verdun et le Chemin des Dames l’avaient assez approvisionné de diplômes et de médailles… Il pouvait circuler assez librement en dehors du couvre feux grâce à un ‘ausweis’, autorisation de circuler jour et nuit pour son travail à la Société Electrique de Paris à Pleyel. Malgré les efforts de la Résistance et des Cheminots, le train en Gare de Saint Denis n’avait pas pu être bloqué. Je crois qu’il avait été l’un des derniers à rejoindre le camp de Compiègne, camp de regroupement de Déportés pour l’Allemagne. Je n’avais donc pas pu entendre la fin de la conversation mais avec des copains de quartier nous sommes alors montés sur une sorte de terrasse presque à la hauteur du ballast de l’autre côté des voies ferrées derrière le dispensaire Rothschild de l’actuelle Rue Charles Michel qui s’appelait à l’époque Rue des Poissonniers. On pouvait apercevoir le train à une centaine de mètres, il n’avait pas de locomotive ! Bien entendu, nous ne sommes pas restés longtemps à regarder car des adultes nous ont fait partir estimant qu’à cet endroit et en cet instant, là n’était pas notre place ! Nous avons alors rejoint notre école Jules Guesde pour peu de temps car bientôt était venue l’heure de la Libération.

          Notre petite Prof d’Anglais

          A la rentrée en 1948, au mois de Septembre, j’avais rejoint le Cours Complémentaire de 6è Générale Rue du Corbillon. Au matin de la rentrée, Monsieur MERRIEN, le Directeur, vint nous parler un moment de notre nouvelle prof d’anglais :

          - Mademoiselle X, votre nouveau professeur a vécu ces dernières années des moments difficiles. Vous avez certainement du entendre parler dans vos familles, des camps de concentrations où les allemands internaient pendant la guerre, des hommes et des femmes qui avaient été arrêtés soit parce qu’ils avaient participé à la lutte pour libérer le pays de l’occupant nazi, soit pour d’autres raisons. Certains parmi vous ont eu des parents qui ont été tués ou internés par l’ennemi. Vous devez comprendre. Vous êtes maintenant de grands garçons. Je vous demande donc d’être d’une extrême correction avec votre nouveau professeur d’anglais… soyez non seulement corrects mais surtout extrêmement gentils avec elle, elle en a particulièrement besoin…elle a mis du temps à se remettre… de son internement dans un camp de concentration… à Auschwitz en Pologne… Messieurs, vous avez toute ma confiance.

          Et puis notre nouveau professeur entra et se présenta devant nous qui l’attendions, debout sur le côté de notre table.

          -  Delighted to meet you… Je suis enchantée de vous connaître… My name is… Je m’appelle … Sit down ! Asseyez vous ! I only have this bag, where are the English books ? Je n’ai que ce sac, où sont les livres d’Anglais… ?

          Elle avait sa méthode d‘apprentissage bien à elle. Elle nous parlait toujours en anglais et traduisait immédiatement. Nous en avions pris vite l’habitude. Parfois, confuse, elle se trompait de langue et s’exprimait en Allemand : « … bitte sehrr ! Geben sie mir… excusez moi… donnez moi votre cahier. »

          Elle nous avait montré le numéro tatoué en noir qu’elle portait sur son avant bras gauche. Elle ne resta pas longtemps avec nous, je n’ai pas retrouvé son nom mais c’est peut être grâce à elle que j’arrive à comprendre en partie le sens général d’un article de journal anglais ce qui m’est souvent difficile. Maintenant, en regardant des reportages de la télévision, je m’imagine sa frêle silhouette repasser la sinistre porte du camp d’Auschwitz sur lequel était porté la barbare inscription ‘’ Arbeit Macht Frei’’. J’ai pu voir, moi Unkel (oncle)Guy, cette inscription, une année… avec ma Petite Nièce allemande que je tenais par la main !

          Répondre à ce message

        • Emission "Riposte" de samedi dernier 19 décembre 2007 14:53, par Coat

          Cicatrices de L’Histoire, Kir. S’il n’y avait que celles de France - Algérie, car avec d’autres cicatrices, on en crève aussi ! Pas vrai Michel ?

          Répondre à ce message

Répondre à cet article

Téléchargez la Barre d'OUTILS de NJ




Thèmes




Powered by Conduit

| MédiaGesTion©2012 | APICOM | UI JQuery | SlideDeck | Se connecter | Plan du site | Contact | Signaler une erreur/Faute !