Les témoignage de Nicole GUIRAUD et de Marc DESAPHY me touchent d’autant plus que, depuis le 1er janvier 1956, j’étais Interne des Hôpitaux d’Alger, nommé au concours en décembre 1955.
Pendant toute la durée de cette fonction entrecoupée par mon service militaire en chirurgie, à l’hôpital MAILLOT et à l’hôpital Marcel Edmond NAEGELEN à TIZI OUZOU, j’ai eu à recevoir au cours de mes gardes je ne sais combien de ces blessés innocents du terrorisme aveugle.
Le 30 septembre, je n’étais pas à Alger : je m’étais marié en juin, et j’étais parti "en voyage de noces différé" en France et en Belgique. Mais j’étais là lors de l’attentat du casino de la corniche, et je revois toujours cette jeune fille allongée sur un civière : ses deux jambes étaient là, mais à coté d’elle, dans leurs bottes blanches !!
Au nom de la liberté des peuples de disposer d’eux mêmes !!
Ah ces salauds de Colons !!!
Je veux toutefois rectifier , oh , peu de choses, à ce que dit Marc DESAPHY.
A l’hôpital MAILLOT, comme à l’hôpital de Mustapha, il n’y avait pas de Dimanches.
Dès que le terrorisme a débuté les gardes de chirurgies ont été doublées. A MAILLOT, il y avait en permanence deux médecins aspirant ou sous lieutenant de formation chirurgicale et un capitaine ou un commandant de garde ET PRESENTS au premier blessé : De plus le colonel DELVOY, chef des services de chirurgie, qui demeurait A L’HôPITAL, était disponible en permanence en renfort. C’était d’ailleurs un excellent chirurgien de guerre, formé en particulier pendant la campagne d’Italie, puis la campagne de France.
L’accueil était assuré par deux infirmiers anesthésistes réanimateurs, l’ adjudant DESSALLES et l’adjudant chef FROGER. C’était eux qui assuraient le tri des blessés, les répartissaient dans les salles d’opérations et les attribuaient à tel ou tel chirurgien. Jamais le moindre retard n’a pu nuire à la qualité de soins réclamés par les nombreux blessés que recevait ce service. J’en témoigne formellement.
il en était d’ailleurs de même sous la forme civile, évidemment, au pavillon de garde de l’hôpital de Mustapha dans lequel j’ai servi (ou sévi ?) près de 10 ans.
Cela simplement pour rendre à César ce qui est à César.
Et qui n’enlève rien au caractère dramatique du récit de ces deux malheureuses victimes, évidemment.
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