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C’est cela aussi l’identité française. Lettre familiale.

Lettre d’un soldat de la grande guerre à son épouse ( inédite )

Publié le jeudi 26 novembre 2009.
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Depuis un mois nous sommes dans la Somme à la poursuite des "boches " ( je mets entre parenthèse pour ne pas attirer la fureur d’associations ) et depuis le 23 nous avons avance de 28 kilomètres ; et malheureusement nous ne trouvons que des ruines.
Ils mettent le feu partout. Je crois que l’heure du châtiment a sonné . En somme ils n’ont que ce qu’ils méritent .
1918 , nous sommes devant Saint -Quentin ; notre poursuite a commencé. Ils ne laissent pas grand- chose. Quelques "boches" par- ci , par- là, des chevaux qui se sèchent au soleil...

Hier au soir ; l’artillerie n’a pas donnée, mais en revanche ces cochons-là, par avions, nous laissaient tomber des bombes. Heureusement personne ne fut touché, mais quand on entend ces oiseaux-là au-dessus de nous, on ne vit pas. Nous préférons un bombardement par pièces.

Avant de reculer, ils minent tout ; les carrefours, les mines, les sapes.
Combien d’explosions n’avons-nous pas vus . Ce sont des trous où l’on pourrait enterrer au moins cent chevaux. Il ne faut toucher à rien. Casques "boches", boîtes et toutes sortes d’explosifs .
Combien d’hommes se sont fait tuer en manipulant ces objets. Je pourrais rapporter des tas d’objets : casques "boches", armes etc... mais je m’en moque. J’ai ramasse une gamelle "boche", et je m’en sers. Les bidons, nous n’y touchons pas car la plupart sont remplis de poudre et un percuteur au bouchon.

Aux sappes et au carrefour remplis de mélinite ils installent un mécanisme comme une horloge, ou un fil de fer. Ce fil passe dans un endroit où il y a de l’acide ; quand l’acide a rongé le fil, le percuteur tape sur des boîtes garnies de poudre ; et l’explosion terrible. Gare à ceux qui se trouvent à proximité.
Dans le village où nous sommes, ils ont eu le culot de défoncer des tombeaux pour se coucher sur les cercueils. Ce que je te raconte est véridique, je l’ai vu de mes propres yeux. On voit encore la litière. Ils ont laisse pas mal de choses.

Nous français ne ferons pas ça, mais si nous avons le bonheur de rentrer chez eux, nous nous sommes promis de leur montrer que nous sommes capables de leur rendre la monnaie de la pièce. C’est affreux, ils ont même scié tous les arbres ...

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