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Faut-il, comme le fait Maurice EISENCHTETER, opposer Boualem SENSAL et Assia DJEBAR ;
L’un, haut fonctionnaire de l’ administration algérienne, écrivain "français"a oublié l’apport de 130 année de présence française, constate que les essais de collaboration avec les russes et les marocains n’ont rien apporté à son pays, et déclare écrire pour le lectorat français, le lectorat algérien étant d’un niveau manifestement inférieur à ce que mérite son oeuvre,
L’autre, brillante normalienne puis universitaire, accuse la présence française d’avoir déshabillé son "pays" de sa culture et plus précisément de ses langues, l’arabe et le berbère, mais après un essai de retour au pays, l’a quitté pour s’installer définitivement en France et y poursuivre son oeuvre d’écrivain et d’universitaire.

La jeune femme , fille d’un instituteur arabe, formé à l’école normale d’instituteur a certainement souffert, dans son enfance et sa jeunesse de la discrimination que lui a inéluctablement imposé son faciès, et le fait que son père portait le fez par pure tradition.
Ne faut il pas faire un retour en arrière et reconnaitre, si l’ oeuvre française a été superbe en Algérie, qu’à l’échelon individuel, notre attitude a pu créer des blessures certes involontaire de la part de la majorité d’entre nous, mais difficiles à cicatriser pour ceux qui en ont été ou s’en sont jugés les victimes ?Et c’est certainement surtout vrai pour ceux qui avaient le meilleur niveau intellectuel !

- Lettre de SENSAL

- Lettre à SARKOZY
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Messages de forum
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J’approuve la lettre qu’a écrite Maurice EISENCHTETER.
Jamais je n’accepterai que nous intégrions dans NOTRE culture ceux qui nous haïssent !
Pour savoir pardonner, il faut oublier ! Si eux n’oublient pas, il faut qu’ils sachent que jamais nous ne pourrons oublier non plus !!
Crois-tu, toi qui es un enfant de riche , que nous enfants d’ouvriers, n’avons pas vécu les brimades avec le sentiment d’être très défavorisés dans cette Algérie où seul le soleil nous était dispensé avec autant de générosité ?
Ne viens pas nous dire que "son faciès" l’a , en quelque circonstance que ce soit, dérangée là-bas chez nous où nous étions mélangés arabes, juifs et chrétiens !
Et si son père était instituteur, elle a certainement eu une enfance plus aisée que les centaines de milliers de fils d’ouvriers émigrés qui vivaient dans notre pays.
Si Sarkozy a tenu ces propos, et je crois ce qui est dit dans cette lettre, alors oui, on a le droit de s’inquiéter sur sa sincérité.
Et non, je ne plains pas ces gens qui viennent vivre chez nous sans avoir l’honnêteté de reconnaître qu’ils viennent chercher le bien-être qui n’existe pas chez eux.
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Mon cher XX XX qui , semble-t-il me connais jusqu’au niveau de la " fortune " de mes parents, je te remercie de l’intéret que tu as pris à la lecture de mon article.
C’est avec plaisir que je te répondrai et que je t’expliquerai le pourquoi de ce que j’écris, mais à condition que je sache l’identité de mon interlocuteur.
C’est une règle élémentaire de politesse et de courtoisie, que même si tu es issu d’un milieu ouvrier, tes parents t’ont certainement appris dans ton enfance ! A bientôt, j’espère, mon cher XX XX. J.Cl. THIODET
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Avant, mon cher JC, lorsque j’écrivais mes messages, je n’avais pas besoin de signer, c’était pré-enregistré.
Aujourd’hui, si je ne fais pas gaffe, le message est validé sans mentionner mon identité !
C’est ce qui s’est produit ce matin ! je te prie de m’excuser.
Je ne dis pas que tu étais fortuné, mais connaissant tes origines je dis que tu étais très aisé !!! me trompè-je ????
Je fais partie de ces pieds noirs issus de la classe ouvrière, fière et laborieuse. Aux fins de mois étriquées et je n’étais pas des plus mal loties , mais c’est ainsi !
Rappelles-toi (Barbara) ! Nous n’avions droit à aucune allocation, payer le médecin sans remboursement de sécu. Nous devions acheter nos livres, payer l’intégralité de nos études. Crois-tu que beaucoup d’enfants d’ouvriers ont pu faire Ecole normale ??
Nous n’avions pas droit aux cantines scolaires ! comme on n’avait pas les moyens de se payer le bus, on faisait des kilomètres à pieds, quatre fois par jour pour se rendre à l’école.
Tu crois que c’était facile pour nous ? Eux ils étaient "indigents" !!! comme aujourd’hui d’ailleurs ! rien n’a changé ! Alors ne dis pas qu’elle a souffert "du délit de sale gueule".
Par contre tu as le droit de dire qu’elle se sert de ça aujourd’hui pour faire son beurre !
Voilà ! j’étais certainement "hors sujet" mais le seul nom de cette bonne femme me hérisse le poil ! Je te laisse t’expliquer !
daniele
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merci, Danièle de m’avoir répondu.
Je crois que tu es effectivement à coté du sujet.
C’est beaucoup trop compliqué pour être expliqué par un simple message ? Je pense que les PN de ta génération, et plus particulièrement ceux qui ont été touchés si atrocement par les évènements d’Oran manquent de points de repère, et on ne peut pas le leur reprocher.
Par ailleurs, en ce qui concerne l ’ENS, il faut savoir que ce n’est pas une question de moyens financiers. Les élèves qui accèdent à cette école sont assimilés à des fonctionnaires et sont appointés pendant les 3 annéesde leur cycle, et ensuite ils ont forcément une nomination. Je le sais d’autant mieux que mon premier petit fils, élevé par sa mère (métisse 1/2 sénégalaise) isolée et sans autres ressources que son smic et la pension mensuelle que je lui ai versée jusqu’à la fin de ses études secondaires est passé par cette voie et est actuellement agrégé et prof de math dans un lycée de Roanne. Ce qui est amusant, d’ailleurs , c’est que le hasard l’a amené dans la ville d’origine des Thiodet, Ville dans laquelle mon arrière grand père a fait sa carrière de médecin, après avoir passé de 1840 à 1848 en Algérie, pendant son temps d’application d’étudiant en médecine de l’école de santé militaire de Strasbourg
Mais cela n’est qu’une toute partie du problème. J’espère qu’on pourra en reparler de vive voix et en toute sérénité.
Ceci dit, Maurice Eisenchteter est un camarade que j’aime beaucoup depuis le lycée, mais auquel je reproche , avec tout l’affection que je lui porte un manichéisme qui me gêne. Et ouala. Je t’embrasse, Danièle, et , je’spère a bientôt.
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