L’indépendance passait physiquement par la récupération des biens des colons. Pour l’Etat, il fallait aussi se conformer au droit et notamment aux accords signés par le jeune Etat algérien avec la France.
L’ordonnance de l’exécutif provisoire n°62-020 du 24 août 1962 portant protection et gestion des biens vacants est un modèle en soi.
Le texte soulignait la situation complexe héritée par l’Algérie au lendemain de l’indépendance du fait de la désertion des propriétaires. Les biens vacants devenaient des symboles de misère avant d’être des objets de convoitise. C’étaient des usines, des ateliers, des fermes abandonnées, un abandon qui avait de fait mis au chômage des centaines d’Algériens devenus indépendants mais désespérément sans emploi et sans perspectives d’avenir du jour au lendemain.
Le texte, qui constatait la situation anti-sociale, avait également souligné l’impérieuse nécessité de protéger et de gérer ces biens dits vacants et de remettre en route les activités économiques y afférentes. L’ordonnance prévoyait aussi l’expulsion des indus occupants, donnant ainsi la possibilité aux détenteurs des biens de revendiquer leurs propriétés, de procéder à leur vente ou de réintégrer le pays conformément aux accords d’Evian
Deux textes suivront, entérinant la situation d’abandon des biens par leurs propriétaires. D’abord la loi 63 -64 qui stipule que les biens vacants ne peuvent être occupés qu’en contrepartie d’une indemnité à verser par les occupants, légalisant ainsi une situation de fait. Cette indemnité revenait aux caisses de l’Etat puisque la loi stipulait précisément dans son article 10 que les propriétaires, c’est-à-dire ceux qui avaient abandonné leurs biens, ne pouvaient pas prétendre à un quelconque droit sur ces indemnités et que un autre texte tout aussi intéressant, la loi 63-276, en quatre articles, réglait le problème des biens meubles ou immeubles spoliés, séquestrés ou confisqués . Ceux-ci devenant, de fait, biens de l’Etat. Seuls les biens acquis régulièrement avant le 1er novembre 1954 pouvaient faire l’objet de dédommagements...
Me Miloud Brahimi* : « Des visées politiciennes »
Pour ce qui est des biens abandonnés par les rapatriés, ils sont gérés dans le cadre de la loi algérienne concernant les biens vacants, et "tout contentieux a été à ce jour liquidé",
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