Reçu de Lionel Vivès
Mail à envoyer au sénateur BEL
bel1.jean-pierre@wanadoo.fr
Monsieur le Sénateur,
Par courrier, vous avez fait connaître votre décision de vous porter partie civile lors du procès de M. Bellebou qui, le 18 mars dernier, vous avait retenu contre votre gré sous la menace d’une bombe FACTICE.
Si je condamne bien évidemment ce type d’action, il n’en demeure pas moins que la sanction prononcée est lourde, très lourde. Surtout lorsque l’on peut constater tous les jours que des délinquants multi-récidivistes se contentent de quelques heures en garde à vue.
Que ne vous exprimez-vous pas sur ces ouvriers qui menacent de faire sauter leur usine avec une citerne de gaz, elle, bien réelle ? Ou sur ces employés qui régulièrement prennent en otage leur patron ? Aucune sanction pénale... Deux poids deux mesures ? Justice à deux vitesses ?
Un élu est donc un citoyen au-dessus des autres et nous avons là une condamnation disproportionnée... pour l’exemple.
C’est proprement honteux et scandaleux.
Cela témoigne du mépris que vous, les politiques, avez pour la communauté harkie, et plus largement rapatriée.
C’est sans doute oublier que la Bachaga Boualam fut un membre éminent de votre parlement, vice-président de l’Assemblée Nationale.
Monsieur le Sénateur, cette décision de maintenir M. Bellebou incarcéré est une nouvelle tache pour notre république qui après avoir lâchement abandonné les Harkis en 1962 en a parqués des milliers dans des camps, tels des animaux, comme à l’époque du nazisme et de la collaboration, avec Rivesaltes notamment (150 000 d’entre eux massacrés APRES le 19 mars, il n’est pas inutile de le rappeler, sans que l’armée ne bouge, sur ordre, et alors même que M. Messmer interdisait qu’ils soient accueillis en France, allant même jusqu’à faire "raccompagner" en Algérie ceux qui avaient pu s’enfuir, les livrant ainsi aux couteaux de leurs bourreaux).
L’Histoire se répète donc. Les Harkis sont à nouveau enfermés.
La République a décidément une bien curieuse façon de remercier ceux qui ont versé leur sang pour elle.
Indécent et indigne.
Cette décision ne peut que raviver des braises encore chaudes.
Recevez, Monsieur le Sénateur, les salutations que je dois à votre fonction, et uniquement à celle-ci.
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