Je confirme : Le 25 mars 1962, il n’y avait plus de coups de feu dans Bab-El-Oued et j’ai pu circuler librement jusqu’aux 3 horloges où il y avait foule pour discuter et constater les dégâts (Voitures écrasées comme des tartes par les chars, impacts de balles d’armes lourdes sur les façades des immeubles, flaques d’huile sur la chaussée, lignes électriques affaissées, etc.)
Je me souviens (je ne sais plus le jour, mais je pense que c’est la veille de la fusillade avec le camion de l’armée, car le jour de la fusillade quand je suis rentré dans Bab-El-Oued après mon travail vers 18 H ça canardait) Nous étions une quinzaine d’employés dans le car qui nous ramenait de l’arsenal de Belcourt, lequel a dû stopper au bas de l’avenue Malakoff au début de la Consolation. Là, un collègue qui habitait à 2 pas, nous a abrité pour la nuit dans son petit logement de 2 pièces où il vivait avec 3 enfants en bas âge. Le lendemain matin nous avons pu sans encombre, mais en pressant le pas tout de même, rejoindre nos domiciles respectifs. C’est la nuit qu’il y a eu un véritable déluge de feu.
La veille du jour de l’attaque du camion militaire on m’avait demandé POUR LA NUIT de ne pas fermer à clé la porte de mon immeuble du 4 bis rue Léon Roches pour m’avait-on dit de permettre à nos combattants de répandre de l’huile de voiture sur la chaussée et de se réfugier dans l’immeuble en cas de besoin (Vous savez que chaque nuit les immeubles étaient fermés à double tour)
Par la suite quand il y a eu les fouilles que je voyais de ma fenêtre entr’ouverte (La glorieuse armée gaulliste nous imposait de tout fermer sous peine d’être arrosé par la Mat 49 ou le Mas 36 toujours en joue) j’ai été étonné que ces fouilles s’arrêtent bizarrement juste avant mon immeuble.
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