lettre que je transmets à Monsieur le Maire de Sollies-Pont 19 mars 1962…. Cette date marquait pour nous, Français d’Algérie (Harkis et Pieds Noirs), le début d’une longue, douloureuse et sanglante période : Notre Armée, celle de la République Française, déposait les armes et se rangeait du côté des insurgés, ennemis d’hier, le F.L.N. La population française était livrée sans défense, pieds et poings liés au terrorisme, quand elle ne devait pas subir en plus les fusillades de ses propres soldats. Les attentats et actes de barbarie (enlèvements, viols, égorgements, dépeçages etc..) se multipliaient d’une manière « débridée ». Bilan final = 150 000 Harkis et 25 OOO P.N. disparus ou massacrés dans d’horribles conditions. Comment peut-on fêter en France une telle date, celle de la défaite de notre armée et du massacre (voire du génocide) de tant de Français, alors que l’Algérie a émis un timbre pour cet évènement 19 MARS 1962 qualifié là-bas de fête de la victoire ? Aujourd’hui, 48 ans après notre exode, nous constatons avec consternation et « rage au cœur » que de nombreuses communes françaises baptisent des lieux publics(rues, places…)du nom de 19 mars 1962 FIN DE LA GUERRE D’ALGERIE.Ce n’est cependant pas sans ignorer la Loi 74-1044 du 9 décembre 1974 qui détermine la période des opérations en Algérie du 1 janvier 1952 au 2 juillet 1962, ainsi que la circulaire DSS/34/97/609 du 18 septembre 1997 qui précise que le 19 mars 1962 n’est pas la fin des combats en Algérie mais l’application d’un cessez le feu unilatéralement respecté (par la France seule). Monsieur le .Maire, nous sommes las de ces incessants harcèlements et mises en accusations et j’ai tenu à vous informer de nos préoccupations et des conséquences qui pourraient en résulter. J’espère que mon message sera entendu pour qu’enfin notre droit et notre dignité nous soient restitués. Je vous prie d’agréer, Monsieur le Maire, mes sincères salutations.
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